Sommet du Groupe de Visegrád (V4) - Union européenne - Ukraine/Russie - Economie - Energie - Climat - Défense - Communiqué conjoint (Bratislava, 19/06/2015) [en]

Les chefs de gouvernement de la Slovaquie, de la République tchèque, de la Hongrie et de la Pologne et le Président français se sont réunis à Bratislava le 19 juin 2015. Cette réunion a été l’un des événements marquants de cette année de présidence slovaque du Groupe de Visegrad qui prendra fin le 30 juin 2015.

Les Premiers ministres du V4 remercient la France, l’une des principales puissances économiques et politiques en Europe et membre fondateur de l’Union européenne, pour l’attention croissante qu’elle porte à la coopération avec le Groupe de Visegrad. Les pays du V4 prennent acte du rôle actif de la France dans une Europe forte, unie et ouverte. Le V4 et la France partagent le même attachement au multilatéralisme et au respect du droit international et une solide préférence pour le règlement pacifique des conflits partout dans le monde, fondé sur l’engagement actif de l’ONU et d’autres organisations internationales.

La réunion a été l’occasion de discussions fructueuses sur des sujets importants du programme d’action politique des deux parties : la politique énergétique et climatique, compte tenu des préparatifs de la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre 2015, la croissance économique, la sécurité régionale et les questions liées à l’UE telles que les migrations ou la lutte contre le chômage.

Dans la perspective de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tiendra à Paris, toutes les parties ont exprimé leurs attentes et leur volonté de parvenir à un résultat ambitieux. Elles ont exprimé leur soutien sans réserve à un accord universel et juridiquement contraignant sur le climat, bénéficiant de l’appui de tous les pays du monde, conformément à l’objectif mondial de contenir la hausse de la température moyenne dans le monde au-dessous de 2°C.

Le V4 et la France ont souligné la nécessité de diversifier les sources d’énergie et les itinéraires d’approvisionnement tout en exploitant au maximum et de manière rentable les infrastructures existantes. En ligne avec les objectifs ambitieux en matière de climat et en tenant compte du rôle que jouent les sources d’énergie sobres en carbone, il est nécessaire de plaider pour une approche technologiquement neutre qui prenne en compte la situation de chaque pays.

Un large consensus a été réuni sur la nécessité de soutenir les programmes de recherche et d’innovation dans le domaine de l’énergie. La coopération entre la France et les pays du V4 sur le réacteur de 4ème génération Allegro constitue un exemple de projet commun réussi qui s’inscrit dans un cadre exclusivement européen.

Le V4 et la France ont réaffirmé leur ferme soutien à une véritable Union de l’énergie reposant sur une authentique solidarité, la confiance mutuelle et la cohérence avec les objectifs en matière de sécurité énergétique, de compétitivité et de durabilité, et s’appuyant sur la mise en oeuvre du paquet énergie-climat 2030 agréé. Le processus de mise en place de l’Union de l’énergie doit apporter une réelle valeur ajoutée et des bénéfices tangibles pour les économies nationales, contribuer aux synergies au sein de l’UE et être considéré également sous l’angle de l’incidence sur les prix de l’énergie.

Les deux parties ont souligné leur détermination à achever le marché intérieur de l’énergie, notamment à remédier à l’insuffisance en matière d’infrastructures énergétiques, afin de réaliser efficacement chaque dimension de l’Union de l’énergie et d’atteindre les objectifs climatiques et énergétiques fixés pour 2030.

Le V4 et la France se sont félicités des signes positifs récents de reprise économique en Europe qui créent les conditions d’une croissance économique durable sur notre continent. Les deux parties sont convenues de la nécessité d’adapter les économies européennes à l’évolution de la situation économique au niveau mondial en procédant aux réformes structurelles nécessaires et en améliorant la compétitivité grâce à des stratégies de croissance, en particulier grâce à l’investissement ; elles se sont félicitées à cet égard de l’adoption récente du Fonds européen pour les investissements stratégiques. Concernant la mise en oeuvre de la stratégie Europe 2020 : stratégie de l’Europe pour la croissance mondiale, tous les participants sont convenus d’étudier les moyens de mieux partager leur expertise et leur expérience de la mise en oeuvre de politiques actives du marché du travail et de la création d’emplois de qualité dans leurs pays.

Les pays du V4 et la France examineront la possibilité de renforcer la compétitivité de leurs économies par des activités communes adaptées aux besoins, en s’appuyant également sur des programmes européens tels que COSME, qui vise le renforcement de la compétitivité des petites et moyennes entreprises.

Toutes les parties ont reconnu que le chômage en général et le chômage des jeunes en particulier est à la fois cyclique et structurel, et peut produire des effets importants à long terme. Elles ont exprimé leur ferme détermination à régler le problème persistant du chômage et à continuer d’améliorer les politiques de l’emploi. En particulier, il importe d’encourager l’investissement dans les ressources humaines. Aucun programme de réformes structurelles ne saurait être mené à bien sans des efforts soutenus destinés à moderniser le marché du travail. Les investissements sociaux sont essentiels pour l’avenir, ainsi que pour la politique sociale, la politique de l’emploi et l’éducation, afin d’élever le niveau des qualifications et des compétences des citoyens et d’améliorer leur situation au sein de l’entreprise et sur le marché du travail.

Le V4 et la France considèrent que la liberté de circulation des travailleurs et la libre prestation des services sont des principes fondamentaux du marché intérieur et des facteurs importants de la croissance économique. Cette liberté doit donc être pleinement respectée. Tout abus et toute fraude doivent être combattus, dans l’esprit des dispositifs européens existant. Le V4 et la France sont prêts à travailler ensemble pour empêcher ces abus.

Les parties ont exprimé leur soutien général à la poursuite de l’intégration de l’Union économique et monétaire, sur la base de la responsabilité, d’une coordination renforcée, de la convergence et de la solidarité, tout en associant pleinement et dans le respect des traités, l’ensemble des États membres qui se préparent à adopter l’euro. Le V4 et la France ont souligné la nécessité de jeter les fondements d’une stratégie économique globale de l’Union monétaire européenne et attendent avec intérêt le rapport sur l’amélioration de la gouvernance économique dans la zone euro.

Prenant note des événements tragiques dont sont victimes les migrants en Méditerranée, le V4 et la France sont convenus que ces problèmes ne peuvent être réglés que de manière globale par l’adoption de mesures à court et à long terme. Dans ce contexte, les parties ont évoqué la déclaration de la réunion extraordinaire du Conseil européen du 23 avril 2015 ainsi que la feuille de route qui a par la suite défini les mesures à prendre par les États membres, la Commission et d’autres institutions de l’UE afin d’empêcher le décès d’autres migrants.

Les deux parties se sont félicitées du programme européen sur les migrations qui a été présenté à la Commission et dont l’objectif est de définir un cadre général de l’UE pour traiter le problème des migrations. Le V4 et la France rappellent leur soutien à une réponse de l’UE reposant sur les principes de solidarité et de responsabilité, et ils attendent du prochain Conseil européen (25-26 juin) qu’il trouve un accord sur les mesures à prendre à cet égard.

Les pays du V4 et la France ont également eu des discussions sur la sécurité régionale compte tenu de la dimension inquiétante de la crise en cours en Ukraine et de ses effets sur l’Europe. Attachés au soutien à l’unité, à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ils sont convenus qu’un règlement pacifique est la seule possibilité pour résoudre le conflit. Ils ont appelé les parties à appliquer rapidement et totalement les accords de Minsk. Ils soutiennent les efforts déployés par les dirigeants ukrainiens pour bâtir une société moderne, démocratique et unie.

Dans la perspective du prochain Conseil européen qui sera consacré à la Politique de sécurité et de défense commune, le V4 et la France ont réaffirmé leur volonté d’appliquer un programme d’action global et amitieux dans le domaine de la PSDC. En particulier, ils aspirent à renforcer le caractère global et l’efficacité des outils de gestion de la crise de l’UE afin de répondre aux crises et de demeurer un fournisseur crédible de sécurité, notamment dans le cadre du nouveau groupement tactique opérationnel du V4 qui sera en attente dès le premier semestre 2016. Le V4 et la France continueront de soutenir l’établissement de relations étroites entre l’UE et ses partenaires à l’Est et au Sud, ainsi qu’avec les organisations internationales, notamment l’ONU et l’OTAN dont les décision prises lors du Sommet de Newport en 2014 doivent être mises en oeuvre totalement et rapidement.

Le V4 et la France ont pris l’engagement commun de renforcer la Base industrielle et Technologique de Défense européenne de manière juste et équilibrée et s’efforcent de créer de nouveaux partenariats à long terme entre leurs industries dans ce secteur.

La réunion de Bratislava a montré que le Groupe de Visegrad et la France partagent un certain nombre d’intérêts communs et de priorités. Pour les pays du V4, la France est l’un des principaux partenaires stratégiques en Europe. De même, sous l’angle européen, le Groupe de Visegrad constitue désormais un partenaire pour Paris eu égard à son influence sur la prise de décisions politiques à l’UE. Les deux parties sont convenues que les échanges de vues réguliers sur des questions d’intérêt commun doivent se poursuivre car cela apporte une valeur ajoutée aux formats bilatéraux déjà bien établis. Elles sont également prêtes à étudier la possibilité d’instaurer une coopération plus concrète à différents niveaux, par exemple dans le domaine de l’éducation, de la recherche, de l’innovation, du programme d’action numérique, ainsi que de la culture./.

Dernière modification : 22/09/2015

Haut de page