Nouvelles brèves de l’économie du 19 au 26 mars 2008

AMBASSADE DE FRANCE AU PAKISTAN

MISSION ÉCONOMIQUE D’ISLAMABAD

PAKISTAN

Nouvelles financières

Initiatives pour capter l’épargne des ménages :

En vue d’accroître le volume d’épargne, l’un des plus bas en Asie et limiter le recours par le Gouvernement à l’emprunt auprès des banques, les Pouvoirs Publics envisagent de lancer des formules d’épargne de courte durée. En l’absence de programmes d’épargne suffisamment attractifs pour les ménages, la Banque Centrale soutient cette initiative, les comptes rémunérés n’existant pas ou les banques servant un taux dérisoire de rémunération alors qu’elles ont accès à des taux de rentabilité de 9 % à 10 % lors d’achats de bons du trésor. Selon la Gouverneure de la Banque centrale, des taux de rentabilité de l’épargne plus élevés seraient de nature à réduire le « spread » et l’inflation. Toutefois, certains observateurs réclament pour ce faire l’autonomie de l’organisme centralisateur, Central Directorate of National Savings.

Finances publiques

Le Ministère des Finances envisage le lancement sur les marchés internationaux d’une souscription d’1,5 Md USD d’obligations islamiques (sukuk) destinée à financer le déficit public, modalité de financement qui présente, à l’heure actuelle, à ses yeux, en raison de la crise économique aux Etats-Unis, davantage de chances de réussite qu’une souscription classique. Les besoins immédiats en financement de l’économie sont évalués à 5 Mds USD.

Investissements Directs Etrangers (IDE)

Au cours des 8 premiers mois de 2007/08, les IDE nets ont reculé à 2,612 Mds USD contre 4,627 Mds USD l’exercice précédent (investissements - 14,9 % : 2,527 Mds USD ; investissements en portefeuille : - 94,9 % , 84,5 MUSD contre 1,656 Md USD). Ces mauvais résultats reflètent l’incertitude politique qui a accompagné le processus électoral. Toutefois, certains observateurs craignent un tarissement des IDE qui se sont dirigés, à ce jour, vers les services (télécommunications) au détriment du secteur manufacturier dont la situation se dégrade compte tenu de la crise de l’électricité.

L’héritage économique de Shaukat Aziz

Le nouveau gouvernement fera face à un sévère déséquilibre de la balance des paiements. Certains observateurs sont enclins suggérer l’instauration du contrôle des importations pour limiter le déficit de la balance commerciale et la dépendance du pays au volume des transferts des pakistanais de l’extérieur et aux investissements de portefeuille.

Les 100 premiers jours du futur Gouvernement selon le PPP

Selon le PPP, vainqueur des élections, trois défis majeurs vont s’imposer au nouveau gouvernement : les pénuries d’électricité, le prix des produits alimentaires (+ 17 % d’inflation en mars par rapport au mois précédent) et le déséquilibre de la balance commerciale alimenté par les importations de pétrole. Les solutions immédiates ci-après s’imposent : introduction des règles de conservation de l’énergie ; réhabilitation du réseau de transport et de distribution de l’électricité, prospection des réserves de gaz du Baloutchistan en rétrocédant à cette province 25 % des profits réalisés, recours à un cadre législatif des investissements dédié à la production de l’électricité à l’instar de celui introduit par Benazir Bhutto dans les années 90, (3,5 Mds USD d’investissements en moins de 3 ans) : l’abandon par Nawaz Sharif de cette réglementation s’est traduit par la perte de 3 Mds USD de projets en discussion. L’intensification de la productivité de l’agriculture devra s’accompagner d’une relance du pouvoir d’achat (hausse du salaire minimum), d’aides aux classes sociales les plus démunies et d’importations de stocks de blé et d’huile pour maintenir le contrôle des prix. Le programme des privatisations des entreprises publiques doit être poursuivi toutefois sur le modèle de Mme Thatcher, lequel a profité également aux classes moyennes.

La Banque centrale au secours du marché interbancaire

En vue de détendre le marché interbancaire et en rupture avec sa politique monétaire restrictive, la Banque Centrale vient d’injecter 33,75 Mds Rp (330 M€). Aussitôt, l’overnight a reculé de 10,5 % à 10 %. Du 1er juillet 2007 au 8 mars 2008, la masse monétaire a progressé de 118 Mds Rp à 177 Rp (+ 50 %). Sur la période considérée et par rapport à l’exercice précédent, le volume des crédits a également progressé de 21 %. La politique monétaire restrictive de la Banque Centrale n’est pas parvenue à contrôler l’inflation.

Les recettes fiscales peineront à dépasser le seuil psychologique de 1 trillion de Rp

Bien qu’en progression, les recettes ne dépasseront pas l’objectif de 10 Mds€ (1 trillion de roupies) fixé par le Président du Board of Revenue. La période d’instabilité qui a suivi l’assassinat de Benazir Bhutto s’est traduite par une perte de 350 M€ de recettes, en partie compensée par les bons résultats des mois de février et mars 2008

La crise de l’énergie et le déficit fiscal

Les subventions aux produits pétroliers ont alimenté en partie le déficit fiscal de l’exercice 2007/08. Nepra, régulateur du secteur de l’énergie, a recommandé, le 1er mars dernier, une augmentation du diesel de 33 % au lieu des 10 % décidés. Une hausse massive de 70 Rp/ unité de gaz échelonnée sur six mois est prévue, par tranches successives, à compter du mois de juillet 2008. La hausse envisagée vise à limiter la consommation du gaz qui représente 50 % du mix énergétique du pays alors que la production locale de gaz stagne. Réduits à suspendre leurs importations de fuel faute de trésorerie, les producteurs indépendants d’électricité menacent d’appeler la garantie souveraine de l’Etat qui a contracté à leur égard une dette de 34 Mds Rp (340 M€). Pepco, filiale de Wapda, équivalent d’EDF, réclame d’urgence une aide budgétaire de 20 Mds Rp pour l’aider à son tour à faire face à ses besoins de trésorerie évalués à 60 Mds de Rp (600 M€) et rembourser les sommes dues à Wapda.

Dernière modification : 22/12/2009

Haut de page