Nouvelles brèves de l’économie du 12 au 19 mars 2008

AMBASSADE DE FRANCE AU PAKISTAN

MISSION ÉCONOMIQUE D’ISLAMABAD

PAKISTAN

Marché financier pakistanais

En raison de l’instabilité politique de ces derniers mois, les banques et institutions financières étrangères présentes au Pakistan ont conseillé au Ministre des Finances de préférer, aux obligations traditionnelles, des obligations négociables au coût moins élevé et à l’attractivité supérieure pour les investisseurs. Ces dernières considèrent que le marché financier pakistanais demeure dynamique (l’indice de la bourse est repassé le 15 mars au dessus du seuil symbolique de 15.000 points) mais que le spread est trop élevé pour que le Pakistan envisage de manière sereine et à des conditions favorables des nouvelles émissions d’emprunts souverains sur le marché international.

Finances publiques : l’impérieuse nécessité de faire des économies

Les ressources budgétaires du pays vont être affectées par une réduction de la collecte fiscale. 200 projets totalisant 50 Mds RP (environ 700 MUSD) ont fait l’objet d’un report au titre du PSDP, Public Sector Development Programme (total de l’ensemble du programme : 335 Mds Rp). Figurent, entre autres, le projet de la Commission pour l’enseignement supérieur de création de 8 universités dont 4 pour l’heure sont ajournées, ainsi que les deux barrages de Chasma 2 et de Mangla. Le Pakistan recherche, après le don de 300 MUSD octroyé par l’Arabie Saoudite, un soutien budgétaire auprès d’autres « pays amis » (Chine, Emirats Arabes Unis, Qatar). Certains observateurs évaluent le besoins budgétaires du Gouvernement à

5 Mds USD pour lui permettre de conserver une parité stable de la roupie au dollar et maintenir les réserves en devises à un niveau raisonnable. Les nouvelles émissions d’emprunts souverains du Pakistan sur les marchés internationaux seront bien plus onéreuses aujourd’hui qu’il y a un an. Les subventions au pétrole, en dépit des deux augmentations successives du prix des carburants intervenues au début du mois de mars, sont encore de l’ordre de 30 Mds Rp (500 MUSD), montant qui, à défaut de nouveaux ajustements de tarifs, augmentera à 42,6 Mds Rp fin juin (710 MUSD) : la provision prévue sur ce poste, au titre de l’année fiscale 2007/08, était de 15 Mds Rp (250 MUSD).

L’inflation à son plus haut niveau

De février 2006 à 2007, le CPI, Consumer Price Index, passe de 7,39 % à 11,25 % (8,05 % en 2005-06), à 16,25 % pour les produits alimentaires et respectivement à 18,47 % et 17,79 % pour les bas salaires de 3.000 Rp et 5.000 Rp. La croissance de la masse monétaire qui découle des emprunts massifs du gouvernement entretient des tensions inflationnistes sévères. L’augmentation du prix des produits alimentaires découle, en partie, du manque de productivité de l’agriculture. De 2000 à 2007, la croissance moyenne de la production de blé, de riz et de canne à sucre a été respectivement de 1,23 %, 0,59 % et 1,87 % par an, alors que la demande a été beaucoup plus soutenue et que la population croit au rythme de 2,2 %./an. L’une des tâches les plus urgentes du nouveau gouvernement sera de revoir sa politique d’approvisionnement en blé qui a coûté, pour l’exercice 2007/08, près de 700 MUSD en importations, de combler le déficit en infrastructures dont souffre le milieu rural et de promouvoir l’investissement dans l’agriculture. Dans l’immédiat, en vue de réduire les pressions inflationnistes, il devra autoriser l’importation en franchise de douane de produits alimentaires pour éviter d’avoir recours à l’augmentation des salaires et de grever davantage les coûts de production.

Balance des paiements

La croissance des remises des pakistanais de l’étranger est constante depuis le début de l’exercice fiscal. Au terme de huit mois d’année fiscale, celles-ci, fin février 2008, sont de 4,126 Mds USD contre 3,416 USD la même période de 2006/07.

Les exportations de services à la baisse

Elles reculent de 3,986 Md USD à 2,63 Mds USD. Cette mauvaise performance découle des obstacles à l’accès aux marchés extérieurs rencontrés par les entreprises pakistanaises, à l’instar de ceux dans le secteur de la construction où les cautions de bonne fin représentent jusqu’à 30 % à 40 % du contrat.

Le déficit de la balance commerciale est évalué, pour l’exercice 2007-08, à 16 Mds USD.

Production industrielle

Par rapport à décembre 2006, la production industrielle accuse, en décembre 2007, une baisse de 4,12 %. Ce résultat qui est bien en-deçà de l’objectif prévu de 10,5 % compromet le dynamisme des exportations. Il résulte avant tout de coûts élevés de la production qui ont condamné de nombreuses sites et unités industriels à fermer.

Le capital risque au service du secteur des communications

Pour la première fois au Pakistan ePlanet Ventures et Draper Fisher Jurveton (DFJ), deux sociétés de capital risque américaines plus connues pour leur prise de risque dans le capital d’entreprises de la Sillicon Valley, en particulier Hotmail et Skype, ont investi plusieurs millions de USD dans une société pakistanaise, Naseeb Network, fournisseur de services internet. Le secteur pakistanais des télécommunications a bénéficié, à ce jour, d’investissements d’un milliard de USD.

Les ROZs (Reconstruction Opportunity Zones), nouveau système de préférences commerciales américain dans les FATA

Le Congrès américain a approuvé la loi sur les de zones de reconstruction dans les FATA et au Baloutchistan, zones frontières entre le Pakistan et l’Afghanistan. Ces zones en franchise de douanes sont dédiées à la production destinée à être exportée vers les Etats-Unis. Figurent sur la liste positive 53 % des articles exportés par le Pakistan aux Etats-Unis, en 2006, en grande partie des produits textiles et de l’habillement. La durée de 15 ans de ce programme conçu sur les modalités d’octroi de l’aide en faveur des pays les plus pauvres (Least Developed Countries) permettra aux investisseurs d’envisager des plans à long terme.

Dernière modification : 22/12/2009

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