Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 25 février au 3 mars 2011

Le FMI passe en revue l’économie pakistanaise

 

Après quelques hésitations, une équipe technique du FMI, emmenée par Adnan Mazarei, Directeur Adjoint du Département Moyen-Orient et Asie Centrale, a accepté de venir à Islamabad afin d’évaluer l’état de l’économie pakistanaise. Le 1er mars ont commencé les discussions techniques et le 6 mars débutera le dialogue politique. Le Pakistan espère convaincre le Fonds de libérer la 6e et avant-dernière tranche (1,7 Md USD) de l’accord de confirmation (11,3 Mds USD) afin d’alimenter le budget, déficitaire, du gouvernement. La non-introduction de la TVA réformée (RGST) et le maintien des subventions au secteur énergétique vont à l’encontre des recommandations faite par le FMI et risquent de prolonger le gel des versements du Fonds.

 

Augmentation des prix des produits pétroliers

 

Le 1er mars le gouvernement a annoncé une augmentation de 9,9% des prix des produits pétroliers afin de faire prendre en charge par le consommateur final une partie de la hausse des cours mondiaux. La dernière tentative d’augmentation avait échoué en janvier après l’effondrement de la coalition au pouvoir sur la question. Par ailleurs, le gouvernement se prépare à la reprise du calendrier d’accroissement mensuel (+2%) des tarifs de l’électricité afin de réduire la pression du secteur énergétique sur les finances publiques. Dans le même temps, le gouvernement a annoncé le maintien des subventions au secteur (1,4 Md EUR par an) au moins jusqu’à juin afin d’éviter une augmentation trop brutale des prix. Malgré les blocages politiques, le gouvernement accroît les prix du pétrole et s’oriente vers une hausse des tarifs de l’électricité afin de montrer sa bonne volonté au FMI.

 

Le déficit budgétaire continue de se creuser

 

Sur le premier semestre (juillet-décembre 2010), le déficit budgétaire s’établit à 2,9% du PIB, soit une augmentation de vingt points de base en glissement annuel. Les recettes (8,4 Mds EUR) représentent 5,8% du PIB tandis que les dépenses (12,5 Mds EUR) s’établissent à 8,6%. La collecte fiscale a augmenté de 9% mais il faudrait qu’elle progresse de 35% au 2nd semestre pour que le déficit budgétaire soit contenu à 4,7% du PIB (objectif du FMI). Les dépenses, quant à elles, ont augmenté de 13%, dont +16% pour les dépenses courantes. Plutôt que d’arrêter le versement de subventions au secteur énergétique, le gouvernement coupe dans le budget de développement : le PSDP, prévu à 5,6 Mds EUR, a été réduit de 1,5 Md EUR et pourrait se voir retirer 1,2 Md EUR supplémentaire.

 

Vers une implantation de la « flood tax » et une augmentation du taux des droits d’accises

 

Afin d’augmenter les recettes fiscales, le gouvernement prépare une ordonnance présidentielle imposant la « flood tax » (surcharge de 15% sur la taxe sur les revenus), repoussée depuis novembre 2010, et augmentant le taux des droits d’accises sur les exportations à 2,5% (contre 1% actuellement). Enfin, l’ordonnance prévoirait la fin des exemptions dont bénéficient plusieurs secteurs à l’export (fertilisants, pesticides, engrais, lait) et les ventes locales de 5 industries d’exportation (textile, cuir, instruments chirurgicaux, articles de sport et tapis). Ces mesures pourraient rapporter 390 MEUR au gouvernement sur le 2e semestre budgétaire. L’objectif de collecte fiscale serait alors de 13,8 Mds EUR, après avoir été fixé à 14,1 Mds EUR lors de l’élaboration du budget en juin 2010 et réduit à 13,6 Mds EUR suite aux inondations. Ce « plan B » de mesures fiscales, destiné à couvrir les retards pris dans l’introduction de la TVA réformée (RGST), demandée par le FMI, sera présenté à l’équipe du Fonds.

 

Les banques annoncent des profits en augmentation

 

Entre 2009 et 2010, les profits du secteur bancaire se sont accrus de 17% grâce à une réduction des provisions sur prêts et une augmentation des produits d’intérêts nets. Ces derniers ont crû de 10% à 1,9 Md EUR tandis que les provisions sur prêts ont été réduites de 23%, surtout dans les grands établissements (MCB Bank, National Bank of Pakistan, United Bank Limited). 5 grandes banques (MCB, NBP, UBL, ABL, HBL) se partagent 88% des profits et sont les moteurs de la croissance du secteur. Ainsi, l’Allied Bank Limited et la National Bank of Pakistan ont vu leurs profits croître de 21% et 15% respectivement. Les analystes mettent néanmoins en garde contre les risques qui pourraient apparaître en 2011 suite à l’augmentation des prêts non-performants et aux difficultés éprouvées par certains petits établissements à rassembler le capital requis par les règles du secteur bancaire pour exercer.

 

Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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