Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 18 au 24 février 2011

Le Pakistan cherche à relancer l’accord de confirmation

 

Une délégation pakistanaise doit rencontrer le FMI à Dubaï afin de convaincre le Fonds de réengager les consultations préliminaires à la prochaine revue d’étape et au versement de la 6e tranche (1,7 Md USD) de l’accord de confirmation (11,3 Mds USD). Ce dernier est interrompu depuis l’été 2010 mais a été prolongé de 9 mois en décembre dernier pour permettre au Pakistan de procéder aux réformes. Le FMI attend des autorités pakistanaises qu’elles augmentent leurs recettes (RGST/TVA réformée) et diminuent leurs dépenses afin de contenir un déficit budgétaire qui dépasse encore les objectifs. Il s’établissait en effet à 1,6% du PIB sur le 1er trimestre budgétaire (juillet-septembre) contre un objectif de 1,4%. Incapable depuis un an d’avancer dans le calendrier des réformes préconisées par le FMI, la majorité doit maintenant composer avec une opposition sortie renforcée de la crise politique de janvier.

 

Le service de la dette s’alourdit

 

Au second trimestre budgétaire (octobre-décembre), le Pakistan a alloué 2,5 Mds USD au service de la dette, en augmentation de 48% par rapport au premier trimestre (1,7 Md USD). La quasi-totalité des fonds (2,2 Mds USD, soit 88%) a été allouée à la dette extérieure, qui s’élève à 58,4 Mds USD (31% du PIB). Les remboursements de prêts de court terme auprès des banques commerciales ont doublé d’un trimestre à l’autre, passant de 835 MUSD à 1,5 Md USD. Le service de la dette est passé de 4,8 Mds USD en 2008/09 à 5,8 Mds USD en 2009/10 et devrait continuer à augmenter, surtout sous l’effet des premiers remboursements au FMI en 2012/13.

 

Le compte courant est à nouveau déficitaire

 

Le compte courant affiche un déficit de 81 MUSD sur les 7 premiers mois de l’année fiscale (juillet-janvier), après avoir été bénéficiaire de 26 MUSD sur les 6 premiers mois. Cet excédent avait été rendu possible par un mois de décembre fortement excédentaire (+570 MUSD) en raison du versement du Coalition Support Fund (633 MUSD), des transferts record de la diaspora et de la bonne tenue des exportations. Sur le seul mois de janvier 2011, la balance du compte courant était de -62 MUSD, malgré des exportations dynamiques. Néanmoins, le compte courant se rééquilibre après avoir affiché des déficits de 9,2 Mds USD sur la période juillet 2008 - janvier 2009 puis 3,9 Mds USD sur juillet 2009 - janvier 2010. Les variations de la balance courante mettent en évidence la dépendance du pays à l’aide internationale et son incapacité à dégager des ressources propres.

 

Le gouvernement alloue 707 MUSD au remboursement de la dette circulaire

 

La dette circulaire du secteur énergétique s’élève à 5,9 Mds USD, 60% ayant été accumulés entre 2005 et 2008, et 40% depuis 2008 du fait de la mauvaise gestion de Pepco, la société publique d’énergie électrique. Principal créancier, le groupe public Pakistan State Oil (PSO) refuse d’approvisionner le secteur énergétique. En conséquence, le gouvernement a annoncé un versement de 707 MUSD, dans l’attente de remboursements ultérieurs. 80% de cette somme sont destinés à PSO afin d’éviter au distributeur national de se retrouver en situation de défaut de paiement face à ses fournisseurs étrangers. Pour contribuer à résoudre cette crise sectorielle, le FMI s’était accordé avec les autorités pakistanaises sur une hausse du tarif à la pompe de 2% par mois pendant un an. La dernière augmentation, en janvier, avait provoqué une crise politique amenant le gouvernement à se rétracter. Au-delà d’une augmentation des tarifs et d’une suppression des subventions, nécessaires pour alléger le poids du secteur dans les finances publiques, c’est toute la stratégie énergétique du pays, dépendant des importations de pétrole, qui doit être revue.

 

Coopération économique et développement au coeur du dialogue Japon – Pakistan

 

En visite officielle au Japon, le Président Asif Ali Zardari a signé avec le Premier ministre Naoto Kan une déclaration commune annonçant notamment un renforcement de la coopération économique entre les deux pays. Sont prévus l’établissement de zones économiques exclusives pour les investisseurs japonais et un resserrement des liens entre les secteurs privés des deux pays. Par ailleurs, un prêt de 173 MUSD, sur les 500 MUSD annoncés par le Japon au Pakistan Development Forum (novembre 2010), est attribué pour des projets de routes et de ponts au Khyber-Pakhtunkhwa. Le Japon, ancien partenaire économique de choix, tente de réaffirmer sa présence au Pakistan face aux ambitions chinoises.

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)


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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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