Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 11 au 17 février 2011

Moody’s met le Pakistan en garde contre un dérapage du déficit budgétaire

 

L’agence de notation s’inquiète de la situation financière du Pakistan et prévient qu’un déficit budgétaire et une inflation excessifs pourraient conduire à une dégradation de la notation du pays (actuellement B3). Le FMI et le Pakistan prévoyaient un déficit budgétaire contenu à 4,7% du PIB en 2010/11 mais cet objectif a été balayé par les inondations d’août 2010. Le gouvernement espère maintenant le limiter à 6-7%, fourchette de tolérance de Moody’s, mais le Ministre des Finances a mis en garde contre un possible dérapage à 8%. De son côté, Standard&Poor’s n’envisage pas de dégradation mais la notation actuelle (B-) est au seuil du défaut de paiement (CCC).

 

Le Federal Bureau of Revenue (FBR) détaille son « plan B »

 

Le FBR prépare des mesures fiscales alternatives pour compenser un éventuel échec de l’introduction de la RGST (TVA réformée). La mesure centrale de ce plan B est une augmentation d’un point (de 2% à 3%) du taux d’imposition de la valeur ajoutée aux importations à visée commerciale. Une telle mesure permettrait de lever, selon le FBR, 1 Md PKR (8,7 MEUR). La réforme fiscale (RGST) est au coeur des relations avec le FMI, qui a bloqué le versement des deux dernières tranches (3,4 Mds USD au total) de l’accord de confirmation jusqu’à ce qu’elle soit conduite. Le gouvernement fédéral tente de trouver un accord avec l’opposition et les provinces pour l’introduction de la RGST en juillet 2011, un an après la date initialement prévue.

 

Amélioration en trompe l’oeil de l’investissement étranger

 

Les statistiques de la Banque centrale montrent qu’après avoir décliné de 15% sur la période juillet-décembre 2010 en glissement annuel, l’investissement étranger, grâce à un rebond de l’investissement de portefeuille (+176%), a augmenté finalement de 44% sur la période juillet-janvier 2010/11. L’investissement direct a décliné de 16%, passant de 1,13 Md USD à 947 MUSD. L’investissement de portefeuille est quant à lui redevenu positif (235 MUSD) après une fuite des capitaux (-309 MUSD) l’an dernier. Enfin, l’investissement étranger privé est en recul de 14%, de 1,46 Md USD à 1,25 Md USD. Les investissements privés, notamment directs, sont essentiels pour un retour à une croissance solide fondée sur l’appareil productif industriel. Or le contexte sécuritaire, l’incertitude des marchés et les aléas juridiques découragent les investisseurs étrangers.

 

L’expansion monétaire prend des proportions alarmantes

 

Entre juillet 2010 et février 2011, le gouvernement a emprunté 462 Mds PKR (4 Mds EUR) à la Banque centrale et aux banques commerciales réunies. 411 Mds PKR (3,6 Mds EUR), soit 90% de la somme totale, ont été destinés au budget de l’Etat. Cette politique a nourri une expansion monétaire de 496 Mds PKR (4,3 Mds EUR, +8,6%) sur la période, supérieure de 55% à l’expansion monétaire connue à la même période l’an dernier (+273 Mds PKR, soit +5,3%). Les données monétaires indiquent que l’inflation devrait perdurer à un rythme élevé dans les mois à venir. En prenant à son compte l’augmentation du cours du pétrole, le gouvernement avait permis un ralentissement de l’inflation à 14% en janvier après qu’elle ait été supérieure à 15% les 4 mois précédents.

 

La Banque centrale (SBP) cherche à encourager les entreprises exportatrices

 

La SBP a augmenté de 1 Md PKR (8,7 MEUR) à 1,5 Md PKR (13 MEUR) la limite pour les financements accordés par les banques à des projets d’export. Cette mesure doit encourager les entreprises exportatrices tout en assurant leur solvabilité. Les banques commerciales gardent néanmoins une latitude pour prêter davantage sur leurs fonds propres et dans le respect des règles prudentielles qu’elles ont émises. Encouragé par le dynamisme des exportations, le gouvernement a revu à la hausse l’objectif annuel de 20 à 22 Mds USD, alors que le déficit commercial continue de se creuser (+16% à -8 Mds sur le 1er semestre budgétaire). Les exportations doivent stimuler la croissance et nourrir les réserves de change, jusqu’ici alimentées par les versements de la communauté internationale et de la diaspora.

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)


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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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