Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 4 au 10 février 2011

Le déficit commercial du Pakistan s’agrandit

 

Sur les 7 premiers mois de l’année budgétaire en cours (juillet-janvier), le déficit commercial s’établit à 9,3 Mds USD contre 8,5 Mds USD en glissement annuel (+9,4%). Les exportations ont augmenté de 23% (13,2 Mds USD contre 10,8 Mds USD) tandis que les importations sont en hausse de 17% (22,5 Mds USD contre 19,3 Mds USD). Selon le Federal Bureau of Statistics, la bonne tenue des importations est davantage due à un accroissement des prix qu’à une augmentation des quantités. Les exportations de riz s’élèvent par exemple à 1,14 Md USD à 548 USD par tonne cette année contre 1,18 Md USD à 492 USD par tonne l’an dernier. La dépendance aux fluctuations du cours du baril de pétrole et la dégradation du tissu manufacturier pakistanais assombrissent les perspectives commerciales du pays.

 

Bilan du commerce bilatéral France-Pakistan en 2010

 

Sur l’année calendaire 2010, le Pakistan et la France ont échangé pour 834 MEUR de biens et services contre 801 MEUR en 2009, soit une augmentation de 4%. Les exportations françaises s’établissent à 319 MEUR (-8,6%) contre 515 MEUR d’importations (+14%). Le taux de couverture de la France passe ainsi de 0,77 à 0,62. Les exportations françaises progressent notamment dans l’agroalimentaire (+160% à 28 MEUR), les matériels de transport (+341% à 52 MEUR) ainsi que les produits chimiques, parfums et cosmétiques (+30% à 42 MEUR). Elles diminuent dans le secteur des machines industrielles (-55% à 56 MEUR) et les produits pharmaceutiques (-42% à 24 MEUR). Les exportations pakistanaises vers la France sont composées à 86% de produits textiles et habillement. Ce poste progresse de 17% et s’établit à 445 MEUR. Si les exportations françaises diminuent légèrement, les progrès dans certains postes démontrent qu’il existe des opportunités d’investissements au Pakistan.

 

La roupie pakistanaise s’est fortement dépréciée en 10 ans

 

Selon une étude de la Jang Development Reporting Cell, la monnaie pakistanaise a perdu entre 12% et 135% de sa valeur contre 20 monnaies de référence entre 2000 et 2010. La dépréciation a été particulièrement marquée contre l’euro (-117%), la livre britannique (-59%) et le dollar américain (-43%). Au niveau régional, la roupie pakistanaise perd également du terrain, déclinant de 42%, 41% et 12% contre les monnaies indienne, népalaise et bangladaise respectivement. Enfin, la monnaie pakistanaise a glissé de 73% contre le yuan chinois. Cette dépréciation, notamment face au dollar américain, pèse lourd sur la balance commerciale pakistanaise, la dette extérieure et la stabilité des réserves de change. Elle met en outre une pression supplémentaire sur la Banque Centrale qui ne peut procéder à une expansion monétaire sans déprécier davantage la monnaie.

 

L’inflation ralentit en janvier

 

La Banque Centrale (SBP) indique que le Consumer Price Index (CPI) du mois de janvier 2011 s’établit à 14,2% en glissement annuel après être resté supérieur à 15% les 4 mois précédents. Cette diminution d’un point est la conséquence de l’absorption par le gouvernement de la hausse du cours du pétrole. Début janvier, l’ajustement mensuel du prix à la pompe avait conduit à l’éclatement de la coalition au pouvoir et amené le Premier ministre à revenir sur la mesure. La SBP précise qu’en 2 mois la prise en charge par le gouvernement du gonflement de la facture pétrolière a coûté 83 MUSD aux comptes publics. Cette politique ne résout pas le problème de l’inflation car, d’une part, une hausse tardive du prix du pétrole pourrait être plus brutale et, d’autre part, pour prendre à sa charge l’augmentation du cours, le gouvernement accentue la pression inflationniste en recourant aux avances de la SBP.

 

La BAsD finance l’extension de la capacité éolienne du Pakistan

 

La Banque Asiatique de Développement (BAsD) a accordé un prêt de 37 MUSD pour l’extension d’un site éolien situé près d’Hyderabad dans le Sind. L’entreprise turque Zorlu Enerji Electrik Uretim est chargée de faire passer la capacité de la ferme éolienne de 6 MW actuellement à 56 MW en 2012. Le coût total de l’extension est de 147 MUSD, l’entreprise turque en prenant 30% à sa charge et le reste étant financé par la BAsD, l’International Finance Corporation (groupe Banque mondiale), l’ECO Trade and Development Bank et la Habib Bank Ltd. En plus d’alléger la crise énergétique qui frappe le Pakistan, l’investissement a une forte valeur symbolique puisqu’il permettra de développer le premier site éolien privé du pays.

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)


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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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