Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 28 janvier au 4 février 2011

Politique monétaire de la Banque Centrale

 

La Banque Centrale (SBP) a décidé de maintenir son taux directeur à 14% pour les deux prochains mois. La pression inflationniste est forte (15-16%) mais la SBP a entendu les promesses du gouvernement de limiter ses demandes d’avances. Le stock des emprunts gouvernementaux auprès de la SBP était passé de 13,8 Mds USD en juin 2010 à 17,7 Mds USD en décembre pour redescendre à 15 Mds USD fin janvier. Par ailleurs, la SBP est désireuse de ne pas entraver l’activité économique en exerçant une pression à la hausse sur les taux d’intérêts. Toutefois, contraint de relâcher la pression sur la SBP et subissant un arrêt des versements du FMI, le gouvernement répond à son besoin de financement en empruntant davantage aux banques commerciales.

 

La dette publique pakistanaise augmente rapidement

 

A la fin du premier trimestre budgétaire 2010-11 (juillet-septembre), la dette publique s’élevait à 111,4 Mds USD contre 104,6 Mds USD à la fin de l’année budgétaire 2009-10, soit une augmentation de 6,5% en trois mois. Le fort accroissement du financement par la dette est principalement dû à une augmentation des dépenses alors que les recettes fiscales stagnent. Le déficit budgétaire pourrait ainsi se situer entre 6% et 8% du PIB. La dépréciation du dollar et de la roupie pakistanaise ont également contribué à aggraver la situation de la dette. Cette année le ratio dette/PIB a franchi la limite fixée à 60% par le Fiscal Responsibility and Debt Limitation Act de 2005. La dette extérieure s’établit à 54 Mds USD mais devrait, selon les prédictions, augmenter de 10 Mds USD cette année et finalement atteindre 74 Mds USD en 2016. La Banque Mondiale considère que pour que le Pakistan se retrouve en défaut de paiement il faudrait que son ratio dette/PIB dépasse 80%.

 

Les objectifs économiques seront probablement manqués

 

La Banque Centrale prévoit que les objectifs macroéconomiques sur lesquels la planification budgétaire de l’année en cours a été fondée ne seront pas remplis. Ainsi, la croissance devrait se situer entre 2% et 3% du PIB contre 4,5% initialement prévus. L’inflation devrait elle atteindre 15% à 16% en moyenne annuelle contre une prévision à 9,5%. En revanche, les transferts de la diaspora pourraient s’élever à 11 Mds USD contre 9 Mds USD attendus. Les exportations sont également dynamiques et pourraient dépasser de 2 ou 3 Mds USD l’objectif attendu par le gouvernement à 20 Mds USD. Toutefois, la facture des importations atteindrait 34,5 à 35,5 Mds USD, soit 3 à 4 Mds USD de plus que prévus. L’augmentation du cours du pétrole due aux événements politiques au Moyen-Orient pèse sur la balance commerciale pakistanaise et les réserves de change qui, bien que s’élevant à 17 Mds USD, sont tributaires des versements de la communauté internationale et de la diaspora.

 

Le FMI conclut une série d’entretiens au plus haut niveau

 

Masood Ahmed, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie Centrale au FMI, a rencontré la semaine dernière à Islamabad les dirigeants de la majorité et de l’opposition pour évoquer la situation économique et les réformes. Le Pakistan souhaite que le FMI procède au versement de la 6e tranche (1,7 Md USD), cherchant l’appui des Etats-Unis dans cette démarche. L’accord de confirmation est suspendu depuis l’été 2010 en raison du non-respect des critères de convergence et du programme de réformes, notamment fiscale (RGST). Le FMI est préoccupé par la situation budgétaire du gouvernement et demande au Pakistan de prendre des mesures fiscales à effet immédiat afin de compenser un éventuel report de la RGST à l’année budgétaire 2011-12. Une mission du FMI devrait revenir à Islamabad sous quelques semaines afin d’étudier les modalités techniques d’une reprise de l’accord de confirmation.

 

La Planning Commission remet sa stratégie de croissance

 

La privatisation est au coeur de la ‘stratégie de croissance 2011’ remise au gouvernement par la Planning Commission (PC). En cédant ses actifs dans certaines grandes entreprises publiques le gouvernement encouragerait l’investissement privé et allégerait le poids budgétaire de ces structures souvent subventionnées et déficitaires. La PC se prononce en faveur d’une privatisation rapide de l’aviation civile et progressive des réseaux ferrés. La relance de l’investissement et de la croissance sont nécessaires pour améliorer une situation économique précaire.

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)

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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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