Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 21 au 27 janvier 2011

Les investisseurs étrangers doutent de la capacité de remboursement du Pakistan

 

L’augmentation rapide du Credit Default Swap du Pakistan (cf lettre n°117) souligne les inquiétudes des investisseurs étrangers sur la capacité de remboursement d’un gouvernement à court de liquidités. Ainsi, afin d’atténuer les craintes du marché, la Banque Asiatique de Développement (BAD) a-t-elle accepté de se porter garante pour les investisseurs qui ne se contenteraient pas de la garantie souveraine du pays. Par ailleurs, face à l’arrêt des versements de l’accord de confirmation (3,4 Mds USD restants), la Banque Mondiale, le BAD et la Banque Islamique de Développement demandent dorénavant au FMI de leur fournir une lettre de confort avant de procéder à toute aide budgétaire pour le Pakistan. La garantie de la BAD offre peut-être un court sursis au gouvernement mais est néanmoins symptomatique de la défiance des investisseurs vis-à-vis de la solvabilité financière d’Islamabad.

 

La dette publique intérieure augmente de 26% en un an

 

Fin 2010, la dette contractée par le gouvernement auprès des institutions financières pakistanaises (Banque centrale et banques commerciales) atteignait 23 Mds EUR contre 18,2 Mds EUR un an plus tôt (+26%). Les encours auprès de la Banque centrale ont augmenté de 18%, passant de 9,2 Mds EUR à 10,9 Mds EUR. Les emprunts auprès des banques commerciales ont quant à eux crû de 33%, passant de 9 Mds EUR à 12 Mds EUR. La dette publique totale s’élève à 91,3 Mds EUR et se partage à parts égales entre dette intérieure et dette extérieure.

 

Le Ministre des Finances dresse un tableau peu encourageant de la situation macroéconomique

 

M. Shaikh, Ministre des Finances, évoque la possibilité d’un dérapage du déficit budgétaire à 8% du PIB (contre un objectif de 4,7%) et une inflation à 22%. Le gouvernement tente d’instaurer une politique de rigueur budgétaire qui s’est notamment manifestée par la réduction de moitié du budget de développement (de 3,4 Mds EUR à 1,5 Md EUR). Par ailleurs, le gouvernement cherche à accroître ses recettes fiscales en améliorant la collecte (effectuée à 46% à 5 mois du terme de l’année budgétaire) et en luttant contre l’évasion (estimée à 6,4 Mds EUR). Même les éléments encourageants comme la stabilité des réserves de change (12 Mds EUR), la tonicité des exportations (15 à 16 Mds EUR prévus cette année) et des versements records de la diaspora (probablement plus de 7 Mds EUR) ne suffisent pas à rassurer entièrement sur l’état de l’économie dont les fondamentaux sont fragilisés.

 

Les pertes du secteur énergétique

 

Selon une étude financée par l’USAID, le secteur énergétique pakistanais perd 400 MEUR par an en raison d’une maintenance insuffisante et d’une mauvaise gestion. Ce coût économique s’accompagne d’une perte de plus de la moitié de la capacité de génération. En effet, les entreprises publiques (Genco) ne génèrent que 1 681 MW contre une capacité installée de 3 855 MW. L’inefficacité énergétique entraîne par ailleurs des pertes en ligne estimées à 30% de la génération totale. 700 à 800 MW pourraient être restaurés par de légers investissements et l’adoption de procédures de maintenance. Enfin, le rapport évoque le poids de la mafia du pétrole, responsable de détournements de fioul estimés à 200 MEUR sur les 1,5 Md EUR consommés par an. La réforme du secteur énergétique pakistanais est l’une des priorités de la communauté internationale car sa mauvaise gestion entraîne des dommages collatéraux sur l’économie, les coupures hivernales ayant par exemple coûté 730 MEUR en 3 mois à l’industrie textile, et sur les finances publiques, les subventions ayant atteint 810 MEUR sur le premier semestre budgétaire 2010-2011.

 

La Banque Asiatique de Développement (BAD) finance Uch-II

 

Le projet d’extension de la station électrique de Uch, au Baloutchistan, sera financé à hauteur de 100 MUSD par la BAD. Uch-II, projet géré par International Power (groupe GDF Suez), ajoutera une capacité de génération de 404 MW (9% du déficit énergétique national) d’ici à fin 2013 pour au moins 25 ans. Il utilisera les réserves de gaz locales, réduisant la dépendance du pays aux importations d’hydrocarbures, notamment de pétrole. Un tel investissement permettra par ailleurs de stimuler l’économie locale en créant 800 emplois et contribuera à réintégrer une province appauvrie et en proie à une instabilité chronique.

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)

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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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