Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 14 au 20 janvier 2011

Le compte courant redevient bénéficiaire

 

Le compte courant a enregistré un bénéfice de 26 MUSD au premier semestre (juillet-décembre) de l’année budgétaire 2010-11 contre un déficit de 2,6 Mds USD à la même période un an plus tôt. L’amélioration de la balance courante est notamment due à une augmentation des exportations et des transferts de la diaspora. Avec un bénéfice de 601 MUSD, le compte courant s’est fortement rééquilibré au mois de décembre 2010, permettant de remplir les déficits creusés les mois précédents (-17 MUSD en novembre). La remise à flot de la balance courante est à lire avec prudence car elle s’est faite en grande partie grâce aux transferts de la diaspora et à une reprise de la demande mondiale, sans réelle consolidation des fondamentaux de l’économie.

 

Chute des investissements étrangers

 

L’investissement net étranger (direct et de portefeuille) a diminué de 15% entre le premier semestre budgétaire 2009-10 et la période équivalente en 2010-11. Les investissements directs s’établissent à 829 MUSD (-15%) et les investissements de portefeuille atteignent 222 MUSD (-19%). Alors que les investissements en provenance des pays développés sont passés de 926 MUSD à 560 MUSD (-40%), ceux des pays en développement et émergents ont atteint 403 MUSD cette année contre 111 MUSD un an plus tôt (+263%). L’exploration pétrolière et gazifière a attiré 269 MUSD d’investissements étrangers contre 255 MUSD l’an dernier. L’instabilité de la situation intérieure et le ralentissement économique découragent l’investissement, sauf pour des pays émergents, tels la Chine et la Turquie, qui renforcent leurs relations politiques et économiques avec le Pakistan.

 

Le Pakistan redevient exportateur de blé

 

Les 5 premiers mois (juillet-novembre) de l’année budgétaire 2010-11 marquent le retour à l’état déficitaire de la balance des échanges de produits alimentaires après une embellie en 2009-10. En effet, les exportations s’élèvent à 1,3 Md USD (+15%) contre 2 Mds USD pour les importations (+72%). La tendance à la hausse des exportations devrait néanmoins s’accentuer suite à la levée en décembre de l’interdiction d’exporter du blé imposée il y a trois ans. Début 2011, le Pakistan profite de cours mondiaux avantageux et d’une excellente récolte 2010 (24 Mt auxquelles s’ajoutent 4 Mt d’excédents de 2009) pour exporter ses surplus. 2 Mt pourraient être exportées dans les mois qui viennent pour un prix compris entre 350 et 370 USD par tonne. Le pays se réoriente à l’export bien que sa facture d’importations alimentaires atteigne des sommets, du fait notamment de l’augmentation de cours mondiaux, comme celui de l’huile de palme (40% des importations alimentaires pakistanaises).

 

La production manufacturière ralentit

 

L’indice de production manufacturière de grande échelle (LSM) de la période juillet-novembre 2010 a baissé de 2% en glissement annuel. Par ailleurs, son ralentissement s’accentue, l’indice LSM n’ayant diminué que de 1,5% sur les 3 premiers mois. Cette contraction fait suite à une augmentation de 5% de l’indice entre les années budgétaires 2008-09 et 2009-10. Les investisseurs sont contraints par l’instabilité politique, un contexte sécuritaire sensible, un climat économique maussade et des taux d’intérêts élevés.

 

Impuissance face à la crise énergétique

 

Le Ministère de l’eau et de l’énergie, contre l’avis du Ministère du pétrole, souhaite faire approuver en Comité de Coordination Economique l’importation de fioul en paiement différé et sur garantie souveraine pour contourner les difficultés d’approvisionnement de Pakistan State Oil, le distributeur national. Le secteur énergétique et le Ministère doivent respectivement 1,1 Md EUR et 365 MEUR à PSO, la dette circulaire totale atteignant 2,6 Mds EUR. PSO, mis en réelle difficulté par le montant des créances, est par ailleurs tenté de contraindre les entités publiques, notamment les entreprises de génération d’électricité, à régulariser leurs dettes en restreignant l’approvisionnement. Les banques nationales refusent de cautionner un secteur énergétique exsangue, obligeant le gouvernement, en mal de recettes, à s’engager dans une fuite en avant pour assurer l’alimentation énergétique du pays.

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)

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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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