Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 7 au 13 janvier 2011

Le gouvernement rembourse partiellement la Banque centrale (SBP)

 

Le gouvernement fédéral a remboursé 127 Mds PKR (1,1 Md EUR) sur les 307 Mds PKR (2,7 Mds EUR) empruntés à la SBP entre juillet et décembre 2010. Ce remboursement a été rendu possible notamment par une augmentation des recettes fiscales et la réception de 633 MUSD (483 MEUR) dans le cadre du Coalition Support Fund. Les avances faites au gouvernement atteignent 180 Mds PKR (1,6 Md EUR) sur l’année budgétaire en cours mais le FMI demande à ce qu’elles soient ramenées au niveau du 1er juillet 2010 (80 Mds PKR, 716 MEUR). Ce remboursement va certes dans le sens des réformes, le FMI ayant demandé à ce que les avances de la SBP soient nulles en 2010/11, mais le gouvernement continue d’emprunter massivement (307 Mds PKR en 6 mois contre 166 Mds PKR budgétés pour l’année) et la dette cumulée auprès de la SBP atteint 1 500 Mds PKR (13,4 Mds EUR).

 

Commerce extérieur : embellie des exportations, aggravation du déficit commercial

 

En décembre, les exportations ont atteint le niveau mensuel record de 2,1 Mds USD (+35% en glissement annuel), concluant un premier semestre budgétaire durant lequel le Pakistan a exporté pour 11 Mds USD (+20%). En revanche, la facture des importations s’est accrue de 19,6%, passant de 16 Mds USD au premier semestre budgétaire 2009/10 à 19,1 Mds USD cette année. Le déficit commercial sur les 6 premiers mois 2010/11 s’établit ainsi à 8,1 Mds USD (+18,2%) et le déficit du compte courant atteint 504 MUSD, contenu par les transferts de la diaspora (5,3 Mds USD sur juillet-décembre 2010) et l’aide internationale post-inondations (850 MUSD par le FMI, la Banque mondiale et la BAsD). Malgré l’embellie connue par les exportations, le compte courant demeure vulnérable aux chocs externes (cours du pétrole et des matières premières) et dépendant de l’aide internationale et des transferts de la diaspora.

 

La crise énergétique s’accentue cet hiver et met à mal le gouvernement

 

Le déficit énergétique a atteint un niveau record de 4 770 MW au pic de consommation. Cela est notamment dû à la fermeture de 24 centrales thermiques, d’une capacité totale de 2 400 MW, pour des raisons techniques et de sous-alimentation en gaz et en fioul. La diminution de la génération hydroélectrique explique également ce déficit. Par ailleurs, les stations services et industries du Pendjab ont connu une rupture des approvisionnements en gaz naturel compressé pendant trois jours. La réforme du secteur énergétique est une des conditions émises par le FMI à la reprise de l’accord de confirmation. Le gouvernement vient cependant d’annoncer le gel des augmentations du tarif de l’électricité et est revenu sur la hausse du prix des produits pétroliers afin d’éviter une crise politique majeure.

 

Augmentation du taux de Credit Default Swap (CDS)

 

Suite à l’annulation de la hausse des tarifs des produits pétroliers, le taux CDS du Pakistan a bondi de 556 bps à 830 bps alors qu’il avait oscillé entre 500 et 650 bps ces derniers mois. Cependant, ce taux est encore loin de son niveau de 2008, lorsqu’il avait atteint 4 000 bps alors que le pays était au bord de la cessation de paiements. Néanmoins, la défiance des investisseurs envers les capacités de paiement du pays pourrait s’accroître fortement si le taux augmentait de façon continue et franchissait le plafond des 1 000 bps. Cette nouvelle est peu encourageante pour le gouvernement qui, composant avec un déficit budgétaire galopant et le report de la prochaine revue d’étape du FMI, comptait lever de 500 MUSD à 1 Md USD par l’émission d’obligations d’Etat.

 

Les crédits non-performants augmentent et le taux de recouvrement diminue

 

Le montant total des crédits non-performants a suivi une tendance à la hausse au premier trimestre budgétaire 2010/11, atteignant 508,8 Mds PKR (4,5 Mds EUR) en septembre 2010 contre 476 Mds PKR (4,3 Mds EUR) en juin. En parallèle, le taux de recouvrement a diminué de 43,4% entre le premier trimestre budgétaire 2009/10 et la même période en 2010/11. Cette tendance est notamment alimentée par le ralentissement économique et des taux d’intérêts élevés. Le système bancaire, mis en danger par les crédits non-performants, doit décider d’une stratégie commune alors que les règles prudentielles d’octroi de crédits à la consommation sont resserrées par la Banque centrale.

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)

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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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