Le Pakistan en bref: actualité économique et financière du 31 décembre 2010 au 6 janvier 2011

FMI et Pakistan : ébauche de calendrier pour 2011

 

Après avoir accepté de prolonger l’accord de confirmation de 9 mois, soit jusqu’à septembre 2011, le FMI élabore avec le Pakistan le calendrier à venir. Les discussions pour la 5e revue d’étape devraient se tenir au début de l’année avec pour objectif de présenter une demande de validation au Comité Directeur du Fonds avant fin juin 2011. Le FMI réfléchit aux critères de performance à respecter en vue du versement de la 6e tranche. La réforme fiscale (RGST) et la politique budgétaire (emprunts gouvernementaux) notamment seront au coeur des négociations. Les perspectives pour 2010-11 sont sombres, la croissance économique étant prévue entre 2,5 et 2,8% alors qu’il faudrait un taux à 8% pour absorber les 2 millions de travailleurs entrant annuellement sur le marché du travail et réduire la pauvreté.

 

Les agences de notation restent vigilantes

 

Si la notation souveraine du Pakistan (B- chez Standard & Poor’s, B3 chez Moody’s) n’a pas changé, les agences restent néanmoins attentives à l’évolution de la situation intérieure. En effet, le retard dans le calendrier des réformes, la persistance de la dette circulaire du secteur énergétique et des subventions, la lenteur des privatisations et l’augmentation des emprunts gouvernementaux ont amené le FMI à repousser le versement des prochaines tranches (3,4 Mds USD au total) et entamé la crédibilité d’Islamabad auprès de la communauté internationale. Selon Moody’s, la tourmente politique actuelle, provoquée par l’effondrement de la coalition et l’assassinat du gouverneur du Pendjab, n’aura pas d’effet immédiat sur la notation du pays mais des turbulences prolongées, couplées à la stagnation économique, pourraient à terme provoquer une crise bancaire et/ou une restructuration de la dette souveraine.

 

Le gouvernement tente de contenir le déficit budgétaire

 

Le Secrétaire aux Finances, M. Waqar, a annoncé que le gouvernement faisait son possible pour contenir le déficit budgétaire à moins de 6% du PIB sur l’année en cours, contre un objectif de 4,7%. Il s’établit pour l’instant entre 2,8 et 2,9% sur juillet-décembre, soit 0,15% de plus que l’objectif. La situation financière du pays est très précaire, avec une dette publique équivalant à 66% du PIB sur l’année budgétaire 2009-10 (65,2% en 2008-09) et des emprunts gouvernementaux en forte augmentation (cf lettre n°114). La possibilité d’un dérapage du déficit budgétaire à 7,5% du PIB a néanmoins été évoquée par le gouvernement, qui tente d’augmenter ses recettes fiscales.

 

Augmentation des prix du pétrole

 

L’ « Autorité de Régulation du Gaz et du Pétrole » (Ogra) a annoncé une augmentation de 9% en moyenne des tarifs des produits pétroliers suite à la hausse des cours mondiaux. C’est le prix du pétrole qui s’accroît le plus (+9,2%), passant de 72,96 PKR (0,65 EUR) à 79,67 PKR (0,71 EUR) par litre. Cette augmentation, dans un contexte de pression inflationniste (15,5% en novembre 2010 en glissement annuel), aura un impact important sur le budget des ménages et l’activité industrielle, le pétrole représentant 30,5% du mix énergétique du pays. Cette mesure doit réduire de 0,2% le déficit budgétaire mais les coûts de production industrielle, qui subissent déjà la hausse des tarifs de l’électricité et du gaz et la pénurie énergétique, augmenteront davantage, pénalisant les exportations.

 

La facture des importations de produits alimentaires augmente

 

Sur la période juillet-novembre 2010, la facture des importations de produits alimentaires s’est élevée à 2,15 Mds USD contre 1,3 Md à la même période en 2009. La hausse des cours mondiaux et la dévaluation de la roupie par rapport au dollar américain notamment sont à l’origine de l’augmentation de la facture alimentaire. Les importations d’huiles (palme et soja) ont atteint 765 MUSD contre 475 MUSD l’an dernier. Par ailleurs, le pays a importé pour 512 MUSD de sucre, contre 129 MUSD en 2009. Enfin, les importations de légumineuses à graines ont doublé en valeur, passant de 90,6 MUSD en 2009 à 181 MUSD en 2010. Les exportations ont quant à elles légèrement augmenté, s’établissant à 1,19 Md USD sur juillet-novembre 2010 contre 1,11 Md USD en 2009, relativisant l’impact immédiat des inondations, notamment sur les exportations de riz (+12% à 779 MUSD) et de viande (+49% à 58 MUSD).

 

Données macroéconomiques (source : Banque centrale du Pakistan)

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Pour tout complément d’information, contactez le Service Economique d’Islamabad: francois.decharette@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 15/03/2012

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