Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 30 octobre au 5 novembre 2009


Le textile
continue à souffrir avec une croissance nulle en 2008-09 contre encore 2,1%
l’année dernière

 

 

L’absence de
recherche et développement, l’obsolescence technologique, les coupures
récurrentes d’électricité et de gaz, les taux d’intérêt élevés, l’accès plus
difficile aux marchés étrangers, la moindre qualité, expliquent une baisse
marquée de la compétitivité des produits textiles pakistanais (une balle de
coton se convertit en 1 000 USD de produits finis contre 4 000 USD pour ses
concurrents). Alors que le Pakistan est le 3ème consommateur et le 4ème
producteur de coton au monde, ses exportations de 10,57 Mds USD se situent en
effet en-dessous de celles du Bangladesh (11,17 Mds USD) qui pourtant ne
consomme qu’un tiers de ce que consomme son voisin. La part du Pakistan dans les
exportations mondiales a ainsi reculé de 2% en 2005 à 1,8% en 2008. Dans un
tel contexte, les objectifs du plan gouvernemental 2009-14 (conversion d’une
balle à 2 000 USD, 25 Mds USD d’exportations soit 54% des exportations totales)
apparaissent plus qu’ambitieux d’autant que les acheteurs internationaux ont
fortement réduit leurs importations (-10% par exemple pour les Etats-Unis, -20%
pour l’UE).


 

 


La pauvreté
s’accroît au Pakistan

 

 

Selon le rapport
annuel de la Banque centrale, la pauvreté s’est accrue au Pakistan de 2,3% en
2008-09 touchant désormais 36,1% de la population, soit 62 millions de
personnes. Les principales raisons de ces mauvais chiffres tiennent dans la
faible croissance économique du pays, la forte poussée de l’inflation, la
réduction des subventions et l’insuffisance des offres d’emplois. Le plus
inquiétant est que les mesures prises par le gouvernement (programme de
protection sociale PRSP II, garanties de sécurité sociale pour les employés,
mise en place de la microfinance, participation d’organisation communautaire) ne
jouent pas le rôle d’amortisseurs et que beaucoup de foyers pakistanais qui
réussissent à sortir des trappes de pauvreté n’ont en fait accès qu’à un niveau
minimum de subsistance et sont donc très vulnérables à tout choc exogène. Les
institutions internationales ont budgété 568 MUSD pour combattre la pauvreté
dont 300 MUSD de la BAD, 200 MUSD de la Banque mondiale et 58 MUSD d’USAID, la
Banque mondiale ayant en sus prévu 60 MUSD au titre de l’assistance technique.

 

 


Le secteur
agricole est un des rares secteurs qui a connu une croissance soutenue en
2008-09

 

 

Avec 4,7% de
croissance, le secteur agricole a surperformé son objectif, fixé initialement à
3,5%, grâce notamment aux bonnes performances des récoltes (+7,7% pour les
principales céréales) et de l’élevage (+3,7%) qui ont compensé le déclin de la
canne à sucre (-21,7%). C’est ainsi que blé, riz et mais comptent désormais pour
63% de la valeur ajoutée contre 59% l’an passé. La Banque centrale, dans son
dernier rapport, souligne à cet effet que ces résultats sont surtout dus à la
bonne tenue des prix qui a incité les agriculteurs à accroître leurs surfaces
cultivables et que le futur paraît favorable pour l’élevage en raison d’une
forte demande en produits laitiers et carnés tant interne qu’externe
(Moyen-Orient notamment).

 

 


L’harmonisation
fiscale sur la bonne voie

 

 

Le Président de la
République vient enfin de promulguer une Ordonnance qui harmonise le traitement
des 3 taxes fédérales que sont la taxe à la vente, l’impôt sur le revenu et les
droits d’accise (seuls les droits de douanes restent en dehors de ce
dispositif). Un seul organisme, le Service Interne des Impôts, sera ainsi en
charge d’établir, de collecter et de contrôler les déclarations. Par cette
réforme, le gouvernement espère améliorer l’efficacité de la gestion fiscale
ainsi que faciliter l’introduction de la TVA prévue mi-2010
.

 

 


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information complète sur la région, abonnez-vous à la lettre d’Asie du Sud :

regine.herve@missioneco.org
et

http://extranet.dgtpe.fr/diffusion/

Dernière modification : 08/12/2010

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