Intervention de M. Philippe DOUSTE-BLAZY, Ministre des Affaires étrangères, devant la communauté française

Mesdames, Messieurs,
Mes chers compatriotes,

Je suis très heureux de me trouver aujourd’hui parmi vous, à Islamabad, pour cette rencontre que je sais très attendue.

Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre de la conférence des donateurs organisée par le Président Musharraf, est avant tout un témoignage de solidarité : solidarité de la France à l’égard du Pakistan, si durement frappé par une catastrophe qui est la plus meurtrière de son histoire ; solidarité aussi à l’égard des Françaises et des Français qui ont fait le choix de vivre ici et qui contribuent, chaque jour, à renforcer les liens entre nos deux pays.

Dans une épreuve aussi dévastatrice que celle traversée par la Pakistan, il y a l’urgence, il y a le temps du deuil et puis il y a celui de la reconstruction.

Vous le savez, la France s’est engagée dès l’annonce de la catastrophe dans une action d’envergure menée, tout d’abord, dans le cadre des recherches de survivants.

Dès le lendemain du séisme, une équipe de la sécurité civile arrivait à Islamabad et était projetées sur la ville de Balakot, l’une des plus durement touchées. Quelques jours plus tard, ces secouristes réussissaient à sauver cinq enfants des décombres de leur école. Je veux rendre hommage à ces équipes et saluer leur professionnalisme et leur dévouement.

Nous avons aussi voulu répondre, dans les plus brefs délais, aux besoins humanitaires des rescapés.

C’est pourquoi dès le 11 octobre, 60 médecins urgentistes, chirurgiens, anesthésistes et infirmiers du service de santé des armées et du SAMU ont organisé le déploiement d’un hôpital de campagne à Muzaffarabad, ville la plus proche de l’épicentre du séisme. Trois semaines plus tard, ils avaient traité plus de 2000 patients et réalisé 155 interventions chirurgicales.

Ce même souci nous a guidés dans l’acheminement de 150 tonnes d’aide humanitaire, aide gouvernementale ou aide d’ONG, qui sont venues secourir ceux qui avaient tout perdu à la suite du séisme.

Enfin, la France s’est engagée sur le plan multilatéral, en associant en particulier aux efforts de solidarité menés dans le cadre de l’Union européenne, avec l’agence humanitaire de la commission européenne, mais aussi dans le cadre de l’opération conduite par l’OTAN.

Aujourd’hui, l’aide aux populations sinistrées doit continuer à nous mobiliser, durablement et efficacement.

C’est pourquoi, lors de la conférence des donateurs, qui s’est tenue à Genève le 26 octobre, nous avons annoncé des contributions additionnelles d’un montant de 5M d’euros, afin de soutenir les actions au Pakistan du Comité international de la Croix Rouge (CICR) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF. Nous y avons ajouté une contribution de 2M d’euros qui permettront de financer les activités du Programme alimentaire Mondial.

Mais dans l’immédiat, un troisième défi nous attend, celui de la reconstruction.

Les rapports d’évaluation présentés par la Banque asiatique de développement et par la Banque mondiale ont été étudiés avec attention. Nous nous appuierons sur eux pour formuler la réponse la plus efficace et la mieux adaptée aux besoins du pays.

Tel est le but de ma visite ici, à l’occasion de la conférence sur la reconstruction et la réhabilitation où nous voulons mettre l’accent sur les secteurs de l’eau et de la santé.

Je ne l’oublie pas, l’action de la France au Pakistan, c’est aussi l’action des Français.

Tous, services de l’Etat, médecins et chirurgiens du SAMU et du service de santé des armées, secouristes de la sécurité civile, mais aussi personnels des ONG, représentants des entreprises françaises et vous, les membres de la communauté française au Pakistan, tous nous avons rassemblé nos forces pour relever ce défi humanitaire.

Je veux, aujourd’hui, chers compatriotes, vous remercier très sincèrement d’avoir contribué à cet effort de solidarité.

Je tiens aussi, vous tous qui vivez dans ce pays en proie, souvent, à différentes formes de violence, à vous assurer du soutien et de la solidarité de la France.

Des événements dramatiques ont frappé durement plusieurs de nos ressortissants : je pense à l’attentat de Karachi qui, en 2002, a coûté la vie à onze ingénieurs de la DCN, mais aussi aux attentats de ces derniers jours à Lahore, et tout récemment encore à Karachi.

Le séisme a été aussi pour vous un moment difficile. Certes, aucun français n’est à compter parmi les victimes ; mais des personnels locaux de l’ambassade, des personnes de votre entourage ont perdu des proches ou ont vu leur maison détruite.

Dans ce contexte, vous le savez, le ministère des affaires étrangères a tout mis en œuvre pour se mobiliser.

Des réunions du comité de sécurité ont été tenues à l’ambassade avec les représentants de votre communauté, et une attention toute particulière a été portée au système d’îlotage, élément clé de la sécurité de chacun.

Les services centraux ont également dépêché un médecin afin de répondre aux attentes exprimées par certains d’entre vous.

Enfin, je sais que des actions spontanées de solidarité ont été engagées à l’égard des personnels locaux affectés à l’ambassade, et je veux tout particulièrement les saluer.

Mes chers compatriotes, je mesure pleinement les difficultés qui peuvent être les vôtres et que vous devez affronter, ici, parfois de manière quotidienne.

Vivre au Pakistan demande sans doute beaucoup d’esprit d’initiative, de curiosité mais aussi de courage, toutes qualités auxquelles je tiens à rendre hommage car ce sont elles qui contribuent, à travers vous, à faire vivre le dialogue entre nos deux pays.

Aujourd’hui, nous voulons renforcer et intensifier notre coopération avec le Pakistan, pays charnière entre l’Asie centrale et l’Asie méridionale et dont le rôle est plus que jamais déterminant dans l’évolution du contexte international actuel.

Nous en sommes convaincus, un plus grand dialogue avec le Pakistan est de nature à renforcer la stabilité dans cette région du monde, et nous y travaillons, conscient qu’il n’existe aucune contradiction entre le développement de notre relation avec l’Inde et le développement de notre relation avec le Pakistan.

Notre partenariat peut être consolidé sur le plan économique : la croissance du Pakistan, de l’ordre de 8,5% cette année, en fait un pays à très fort potentiel. Tout cela est de nature à profiter aux entreprises françaises déjà présentes et devrait contribuer à en attirer de nouvelles.

Nous voulons aussi amplifier notre dialogue politique, accroître nos échanges commerciaux, mais aussi donner une nouvelle dimension à notre coopération culturelle, scientifique et technologique.

L’accueil, cette année, d’une centaine d’étudiants pakistanais en thèse de doctorat dans des universités françaises, et la perspective de doubler ce chiffre en 2006, montrent ce qu’il convient de faire.

Je pense aussi aux projets de création d’un institut de technologie et d’une université scientifique et technique, qui sont de bons exemples de la coopération entre nos deux pays.

Mes chers compatriotes, permettez-moi, en guise de conclusion, de réaffirmer ma confiance dans l’avenir de la relation franco-pakistanaise.

En tant que représentant de notre pays, chacun de vous, au quotidien, à sa manière, contribue à renforcer la compréhension entre la France et le Pakistan et conforte les liens entre nos deux pays. Soyez-en assurés : la France estime cet engagement à sa juste valeur et continuera de vous soutenir dans cette belle entreprise.

Je vous remercie toutes et tous de votre attention./.

Dernière modification : 30/10/2008

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