Développement - COP21 - Table ronde « Le partenariat global et les trois dimensions du développement durable »

Intervention d’Annick Girardin, secrétaire d’État chargé du développement et de la Francophonie, à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le financement du développement (Addis-Abeba, 14/07/2015)

Merci Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement,

Chers Collègues, mais permettez-moi de dire aujourd’hui « Chers Partenaires »,

C’est un plaisir pour moi d’intervenir devant vous, vous qui représentez la diversité des acteurs engagés pour le développement.

La France est représentée par une délégation qui regroupe ONG, élus, entreprises à l’image de notre assemblée, et à l’image de ce rendez-vous d’Addis-Abeba, qui marque une nouvelle étape dans la mobilisation générale pour la lutte contre la pauvreté et la préservation de la planète.

Notre feuille de route est claire pour cette table ronde. Travailler à nourrir la mise en oeuvre des objectifs de développement durable dans un nouveau partenariat.

Je suis une femme de terrain, alors je ne vous ferai pas de discours théoriques.

Je voudrais partager avec vous deux exemples, Chers Collègues, deux exemples qui montrent comment nous savons travailler ensemble, et qui sont le modèle sur lequel nous devrions, je crois, nous baser pour changer d’échelle.

Le premier exemple, c’est en Afrique que je l’ai découvert. C’est le projet Nutrizaza. Ce projet, il est simple. Il vise à lutter contre la malnutrition à Madagascar. C’est un projet porté par une ONG et qui a permis de distribuer plus de 15 millions de repas dans un pays ou un enfant sur deux souffre de malnutrition. Très vite, l’ONG qui porte le projet s’est associé à Danone, dans sa démarche d’entreprenariat social, pour bénéficier de l’appui et des compétences de cette entreprise dans la distribution et la vente. Très vite aussi, les collectivités, qui ont compris l’intérêt du projet pour les enfants et les familles, ont rejoint cette coalition. Aujourd’hui, cette aventure réussie cherche à changer d’échelle.

Mon deuxième exemple, il vient des Philippines, sur le climat où j’ai croisé à Guiuan, au coeur des zones sinistrées par le climat, des ONG, des élus locaux, des entreprises qui cherchent à reconstruire différemment leur territoire, pour le préparer à affronter les prochains typhons et en faire un modèle d’adaptation.

Moi qui suis ministre du développement, j’ai vu de nombreux exemples de ce type. Encore trop petits, mais prêts à changer d’échelle. Pour moi, notre responsabilité, celle des politiques, dans ce nouveau partenariat pour le développement, dans la mise en oeuvre des ODD, c’est de permettre le changement d’échelle.

Ce changement d’échelle, il nécessite de nombreuses évolutions, certaines réglementaires, d’autres dans les mentalités. Mais il y a quelque chose que nous pouvons mettre en place immédiatement : aider, dans toutes les banques de développement, ces acteurs. La France le fait déjà : nous avons créé une facilité sur l’entreprenariat social. Nous appuyons les investissements à fort impact social. Nous avons aussi été les premiers à financer des prêts non souverains pour des collectivités territoriales dans les PMA.

Nous avons cette responsabilité de mobiliser nos institutions pour le financement du développement au service de ces coalitions d’acteurs. La France est prête à discuter avec tous ces partenaires de ces propositions.

Enfin, et j’y crois profondément, les nouvelles technologies offrent une opportunité immense de rapprocher encore un peu plus les citoyens du financement du développement. Qu’il s’agisse du financement participatif, des micro-dons par SMS, ou encore de faciliter les transferts des migrants au service du développement, nous avons une palette d’outils innovants que nous devons déployer au service du nouveau partenariat, au service de tous les acteurs, et au bénéfice de notre objectif commun : construire un monde sans carbone et sans pauvreté.

Car face au défi climatique comme à celui de l’extrême pauvreté, et si nous voulons passer des milliards aux centaines de milliards nécessaires, nous ne pouvons faire l’impasse sur aucune forme de solidarité, qu’elle vienne des entreprises, des ONG, des citoyens ou des États.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 22/09/2015

Haut de page