Dérèglement climatique - Réponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international et président de la COP21, à une question au Sénat (Paris, 21/05/2015)

Monsieur le Sénateur,

Merci de votre question. Vous avez bien défini quel est l’objet de cette COP21. Il faut toujours se méfier des épithètes excessives mais je crois, effectivement, que si nous réussissons à convaincre les 196 parties qui devront se prononcer à l’unanimité, ce sera vraiment un succès pour le monde et évidemment aussi un succès pour la France qui est l’hôte de cette conférence.

Il y a quatre objectifs majeurs.

Le premier, qui est le plus important, qui jusqu’à présent n’a jamais pu être atteint, c’est d’obtenir - je précise les termes parce qu’ils doivent être rappelés - un accord universel, différencié, juridiquement contraignant et, j’ajoute, un accord durable qui ne s’arrête pas à 2030 qui est le moment où, normalement, les choses devraient s’arrêter. Les négociations avancent mais elles sont très difficiles parce que la matière elle-même est difficile et, d’autre part, on comprend la difficulté de mettre d’accord 196 parties.

Le deuxième objectif, c’est de faire le bilan, au moment où aura lieu la conférence, de toutes les contributions nationales que chaque pays doit délivrer normalement avant la fin du mois d’octobre. Nous sommes à un moment où entre 30 et 40% de la masse des émissions globales ont fait l’objet de ces contributions. Nous espérons atteindre 90% et même plus au moment de la COP de Paris. Évidemment, cela nous donnera une indication précise sur les engagements de chacun des pays.

Le troisième objectif, c’est tout ce qui concerne les financements et les technologies. Aucun pays n’est par principe, j’imagine, opposé à cet accord sur le climat mais beaucoup de pays, à commencer par les pays pauvres, nous disent : « Oui, c’est très bien mais où sont les financements ? Où sont les technologies ». Il y a eu une série d’initiatives : le Fonds vert, qui maintenant, grâce notamment à l’action de l’Allemagne et de la France, est doté d’un peu plus de 10 milliards de dollars ; il y a cet objectif en 2020 de cent milliards de dollars par an. Nous avons un gros travail à faire mais les réunions, y compris celle de Petersberg à Berlin à laquelle vous avez fait allusion il y a deux jours, sont allées en ce sens.

Le quatrième élément vous concerne tous - dans les autres pays aussi d’ailleurs -, c’est d’associer les parlementaires, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, les régions, les collectivités locales, les entreprises du monde entier pour faire que, par leur propre contribution, la COP21 soit un succès. Et je compte, bien sûr, sur le soutien de chacune et chacun de vous pour cet accord qui sera bénéfique pour l’ensemble du monde./.

Dernière modification : 22/09/2015

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