Dérèglement climatique - Niger - Discours de Mme Annick Girardin, secrétaire d’État chargé du développement et de la Francophonie, devant la communauté française (Niamey, 27/04/2015)

Monsieur le Ministre,

Chers Amis nigériens,

Chers Compatriotes,

Je suis heureuse d’être parmi vous ce soir, à Niamey, où je suis venu parler de climat et de développement.

Je viens de rencontrer Monsieur le Premier ministre, avec lequel j’aurai le plaisir d’ouvrir demain matin un atelier régional organisé par le Niger portant sur les engagements de chaque pays en matière de lutte contre le changement climatique.

Cet atelier témoigne de la volonté du Niger et de l’Afrique de prendre toute sa place dans les négociations climatiques.

Le climat, c’est notre grand défi, le grand défi de la France, mais aussi de tous ceux qui veulent agir pour un monde plus responsable. En décembre, la France accueillera, à Paris, la 21e conférence sur le changement climatique. Ce sera la plus grande réunion internationale jamais organisée en France. Nous attendons 40.000 participants, de tous les pays du monde. Nous voulons parvenir à un accord de Paris, universel, juste, équitable et surtout ambitieux. Notre ambition est de limiter le réchauffement climatique à deux degrés, et ainsi éviter des conséquences irréversibles.

Car ces effets, ce sont d’abord les plus pauvres qui en font les frais. Au Niger comme dans l’ensemble des pays sahéliens, les enjeux sont déjà très concrets : un climat qui change, c’est de l’insécurité alimentaire en plus. Un climat qui change, ce sont des problèmes d’eau plus aigus. Le changement climatique est une machine à produire de la pauvreté, si nous ne faisons rien. Et la pauvreté fait souvent le lit des conflits, des violences dans une région, le Sahel, qui n’a pas besoin d’une crise climatique, alors qu’elle se bat déjà, quotidiennement, pour le développement, la paix et la sécurité.

Limiter le réchauffement climatique est l’affaire de tous. Et c’est pour cela que j’étais au Burkina Faso et suis jusqu’à demain au Niger. J’y suis pour saluer l’engagement des pays de la région, qui ont peu pollué, mais qui prennent toute leur responsabilité, en s’engageant, bien sûr à la hauteur de leurs moyens, pour la préservation de la planète.

L’Afrique fait partie de la solution, et l’Afrique a ses solutions pour un développement durable et respectueux de l’environnement. C’est pour cela que notre objectif, à Paris, et plus généralement en 2015, ce doit être « zéro carbone et zéro pauvreté ».

Il n’est pas question de brider le développement des pays africains sous prétexte de réparer le gaspillage de carbone commis par d’autres. Il s’agit de profiter des opportunités offertes par l’économie verte, les énergies renouvelables, qui permettent de faire reculer la pauvreté et de créer des emplois. Nous voulons que d’ici à 2020, 100 milliards de dollars soient mobilisés, chaque année, pour aider les pays en développement à devenir des économies vertes.

L’Afrique, et le Niger en particulier, dispose d’un gisement d’énergies renouvelables encore largement inexploité mais qui doit nous rendre optimistes pour l’avenir. Je pense à l’énergie solaire, bien sûr, mais aussi à l’énergie hydroélectrique, avec le barrage de Kandadji qui fournira bientôt 500 à 600 gigawatts/heure par an. Des sources d’énergie renouvelables, qui rendront le pays moins dépendant au pétrole et à ses cours en montagnes russes.

La France, par le biais de l’Agence française de développement, contribue au financement du programme Kandadji avec une subvention de 14 millions d’euros. Ce n’est là qu’un des nombreux projets que nous menons conjointement avec nos partenaires nigériens et internationaux.

Dans les secteurs de l’eau, de la santé, du développement rural et urbain, et bien sûr de la gouvernance, notre ambassade et l’Agence française de développement mettent en oeuvre des projets nombreux et ambitieux. Je signerai d’ailleurs, demain, deux conventions de l’Agence française de développement, l’une portant sur l’appui au programme de développement sanitaire pour 13 millions d’euros, l’autre sur un projet d’hydraulique et d’assainissement à Niamey pour 26 millions d’euros.

La France, c’est aussi une expérience en matière de recherche, main dans la main avec les partenaires du Sud. Et je tiens à mentionner la présence à mes côtés de Jean-Paul Moatti, nouveau président de l’Institut de recherche pour le développement, qui est un opérateur incontournable de notre appui aux pays du Sud.

Le dérèglement climatique n’est qu’un des enjeux auxquels le Niger est confronté en matière de développement. Mais ce que je veux affirmer, c’est que cet enjeu est indissociable de la dynamique de développement dans son ensemble, qu’il s’agisse d’éducation, d’emploi ou de sécurité alimentaire.

Dans tous ces domaines, la France reste présente aux côtés du Niger, de façon bilatérale mais aussi en tant que deuxième contributeur au Fonds européen de développement.

Elle répond également présent pour aider le Niger et les autres États de la région à assurer leur sécurité. Au Mali, nos troupes ont mené, ces derniers jours encore, des opérations communes pour affaiblir les terroristes, avec succès. Nous pouvons tous, Français et Nigériens, être fiers de la qualité de leur collaboration et aussi des sacrifices que nos soldats sont prêts à faire pour notre sécurité commune. Car vous savez bien à quel point la proximité entre nos deux pays fait de cet enjeu sécuritaire, comme de l’enjeu du développement, un terrain de travail commun. L’ambassade, le service de coopération et d’action culturelle, en sont les acteurs au quotidien et je tiens à leur rendre ici hommage.

Merci à tous pour votre présence et merci de votre attention./.

Dernière modification : 22/09/2015

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