Dérèglement climatique - COP21 - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21, avec « RTL » (Paris, 08/09/2015)

(...)

Q - Hier, dans sa conférence de presse, François Hollande a semblé très alarmiste sur la conférence sur le climat à la fin de l’année. On commence déjà à se faire à l’idée que ça va être un échec ?

R - Non, d’abord, cette conférence est extrêmement importante parce que, sans employer de grands mots, il s’agit de notre capacité à vivre correctement sur terre. Si on laisse le dérèglement climatique s’opérer, cela veut dire que la chaleur va être de plus en plus forte, que des espaces entiers vont être recouverts par les eaux, que les migrations vont concerner des centaines de millions de gens, et pas des centaines de milliers, donc il faut arrêter cela. Et c’est l’objet de la conférence de Paris.

Q - Mais là encore, c’est une affaire d’argent. Il faut aider les pays émergents ?

R - Oui, c’est aussi une affaire d’argent. Parce que les pays pauvres, je pense aux pays africains, disent qu’ils sont d’accord pour limiter les gaz à effet de serre, mais qu’ils ne reçoivent ni l’argent ni la technologie nécessaires. Et nous discutons des moyens pour les secteurs public, parapublic et privé, d’apporter des moyens financiers supplémentaires. Mais on travaille énormément, et la réunion que j’ai organisée hier avec une cinquantaine de ministres de l’environnement internationaux va quand même dans le bon sens.

C’est très difficile, c’est ce qu’a voulu dire François Hollande, et il a raison, parce qu’il faut mettre tout le monde d’accord, c’est une conférence qui ne peut agir que par consensus, il y a 196 parties. Mais la nécessité est tellement importante d’arriver à lutter contre ce dérèglement climatique que je garde, moi, bon espoir ; j’aime cette phrase de Léon Blum qui dit : « je le crois parce que je l’espère ».

(...)./.

Dernière modification : 22/09/2015

Haut de page