Dérèglement climatique - COP21 - Échanges avec la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international et président de la COP21 (Berlin, 19/05/2015)

Q - Pourquoi les chances de parvenir à un accord sont-elles plus grandes cette année ?

R - La première raison, qui est triste, c’est que la situation climatique est plus mauvaise qu’il y a quelques années et qu’il y a quand même une prise de conscience. Il faut donc agir d’autant plus.

La deuxième raison, c’est que les scientifiques ont établi maintenant - et c’est conclu par tout le monde - qu’il y avait un vrai problème de réchauffement climatique qui est dû à l’activité humaine. Il y a donc beaucoup moins de climato-scepticisme.

Troisième raison importante : les technologies progressent très vite, elles sont moins chères et des entreprises maintenant s’intéressent vraiment au climat. Elles comprennent aussi que cela peut être source de profit et de création d’emplois.

Dernier élément qui doit rendre plutôt optimiste, même si c’est très difficile, les gouvernements comprennent pour la plupart d’entre eux qu’il faut agir. Ce qui a été le plus spectaculaire, c’est l’accord passé en novembre dernier entre les États-Unis et la Chine pour aller vers la lutte contre le dérèglement climatique, ce qui aurait été absolument inenvisageable il y a quelques années.

Tout cela fait que mes collègues disent tous : « non seulement il faut trouver un accord à Paris à la fin de l’année, mais on va trouver un accord à Paris. Seulement, il y a beaucoup de problèmes à régler. Le sujet est très compliqué et nous sommes 196 parties ; vous voyez donc la difficulté. La situation de la Norvège n’est pas la même que celle du Vanuatu ou des États-Unis. Tout le monde doit faire un effort, mais cet effort doit être différencié selon la situation des uns et des autres.

La deuxième question est celle des financements. Beaucoup de pays disent : « bon, c’est très bien, on va agir contre le dérèglement climatique, mais où sont les financements pour agir et où sont les technologies ? » Il faut y répondre.

Troisième question : on va prendre des engagements - du moins je l’espère - qui vont nous porter à partir de 2020 jusqu’à 2030, mais ça ne peut pas s’arrêter comme cela. Comment va-t-on passer de cet objectif de court terme à un objectif de long terme ? Que se passe-t-il après 2050 ?./.

Dernière modification : 22/09/2015

Haut de page