Conférence d’Islamabad / Intervention de M. Philippe DOUSTE-BLAZY, Ministre des Affaires étrangères

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Monsieur le Secrétaire Général,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mon premier propos sera pour vous remercier, Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire Général, d’avoir pris l’initiative de nous réunir aujourd’hui pour examiner ensemble ce que la communauté internationale peut et doit faire pour marquer notre solidarité avec le Pakistan et son peuple, douloureusement frappés par l’une des pires catastrophes naturelles de l’Histoire contemporaine et étudier les moyens d’œuvrer à la reconstruction des zones touchées par cette tragédie.
Cette solidarité, la France a tenu à la concrétiser dès les premières heures :
en envoyant tout de suite à Balakot une équipe de sécurité civile qui a pu sauver des enfants ensevelis sous les décombres ;
en dépêchant près de 70 médecins urgentistes civils et militaires qui ont effectué de très nombreuses interventions et opérations chirurgicales à Muzaffarabad ;
en convoyant plus de 150 tonnes d’aide humanitaire d’urgence ;
en mettant 7 millions d’euros à la disposition de l’UNICEF (pour la vaccination de 3 millions d’enfants contre le tétanos et la rougeole), du CICR (pour la fourniture de prothèses aux personnes mutilées) et du Programme Alimentaire Mondial (aide alimentaire).
Au total, le gouvernement français a mobilisé à titre bilatéral près de 13 millions de dollars pour faire face aux besoins les plus urgents, cependant que de nombreuses organisations non gouvernementales et entreprises françaises offraient de leur côté plus de 2,3 millions de dollars.
A cette aide bilatérale, il convient d’ajouter la quote part de l’aide française à la contribution apportée par l’Union européenne qui s’élève, en ce qui concerne la France, à 15 millions de dollars (13 millions d’euros). C’est donc au total plus de 30 millions de dollars qui ont été mobilisés pour porter secours aux populations sinistrées.

Par ailleurs, nous continuons à jouer notre rôle d’impulsion au sein des institutions internationales pour qu’un effort exceptionnel soit consenti en faveur du Pakistan : mise en place d’un fonds d’urgence par la Banque Asiatique de Développement, accélération et intensification des programmes de prêts de la Banque Mondiale.

Nous espérons ainsi, au total, contribuer de manière concrète et réactive aux nécessités immédiates qui sont toujours celles de populations en détresse, en particulier des groupes à risque, ayant besoin de nourriture, de soins et d’abris alors que s’ouvre la difficile période hivernale.
Mais nous savons qu’au-delà de la phase d’urgence qui se poursuit, un immense travail doit à présent être engagé pour reconstruire les régions touchées par le séisme.

La France a donc décidé de prendre des mesures exceptionnelles dans ce but. Je suis en mesure d’annoncer que les autorités françaises prendront toute leur part de cet effort en mettant à la disposition du Pakistan, à hauteur d’environ 94 millions de dollars (80 millions d’euros), des prêts à des conditions très concessionnelles adaptées au contexte. Sur cette enveloppe, près de 35 millions de dollars pourront être mobilisés très rapidement sur des projets susceptibles d’être mis en œuvre dès le début 2006. S’ajouteront 1,5 millions de dollars pour financer les études nécessaires à la réalisation de ces projets. Concrètement, nous entendons financer ainsi des projets de réhabilitation et de reconstruction, dans des secteurs prioritaires qu’il nous appartiendra de définir en liaison avec les autorités pakistanaises et les autres bailleurs de fonds : nous pensons plus particulièrement aux secteurs de la santé, de l’eau ou des infrastructures de base.

Une équipe d’experts français viendra dans les prochains jours sur le terrain pour étudier les possibilités d’action et identifier les projets sur la base des besoins des populations touchées et des souhaits des autorités pakistanaises. La France est également prête à apporter toute forme d’assistance technique qui pourrait être jugée nécessaire.
C’est dire combien nous souhaitons aider le Pakistan, ce pays ami, à faire face à cet immense défi. Nous sommes décidés à ne ménager aucun effort pour que les annonces qui sont faites aujourd’hui se traduisent pour ce qui nous concerne en actions tangibles, c’est-à-dire en mieux être pour les centaines de milliers de survivants qui doivent à présent rebâtir leur vie.

Dernière modification : 30/10/2008

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