Climat - Intervention de M. Laurent Fabius devant la confédération syndicale internationale (Paris, 15 septembre)

Climat - Intervention de M. Laurent Fabius devant la confédération syndicale internationale (Paris, 15 septembre)

M. Laurent Fabius participera demain à la conférence « No jobs on a dead planet » organisée par la confédération syndicale internationale au Conseil économique, social et environnemental.

Cet événement inédit réunira 270 participants provenant d’une cinquantaine de pays. Il s’achèvera par un appel à la mobilisation du mouvement syndical et pour la transformation de l’appareil productif de façon à lutter contre le dérèglement climatique.

Le thème du climat a été choisi par la confédération syndicale internationale comme l’une de ses priorités pour les années à venir.

Dérèglement climatique - COP21 - Discours d’ouverture de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21, de la conférence syndicale internationale (Paris, 15/09/2015)

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

D’abord, merci beaucoup de m’avoir invité à votre réunion. Je crois que votre réunion est extrêmement importante parce que si nous voulons aboutir à un bon accord à Paris et pour la suite, il faut qu’il y ait la mobilisation des forces sociales, représentées bien sûr, par vos organisations. Et, j’apprécie énormément ce que vous faîtes.

La présidente m’a accordé une dizaine de minutes, je serais obéissant. Ce que je peux vous apporter peut être, c’est vous dire exactement où nous en sommes dans la préparation et puis une ou deux demandes que je peux vous formuler.

La conférence de Paris c’est dans 80 jours. En fait le résultat de la conférence de Paris, ce sont quatre éléments liés mais différents.

Le premier, vous avez insisté Madame la Présidente, c’est d’arriver à avoir un accord universel, que l’on n’a jamais pu obtenir. Et cet accord, selon les termes universels juridiquement contraignants, différencié et, j’ajouterais pour ma part, durable doit limiter la hausse des températures, liés aux gaz à effet de serre, alors on dit 2 degrés ou un degré et demi - il y a une discussion là-dessus.

Où en sommes-nous ? Le texte doit être préparé, c’est l’une des spécificités de la procédure - c’est assez étrange mais c’est ainsi -, non pas par nous les ministres, même si à la fin c’est nous qui votons, mais par des négociateurs, qui théoriquement sont sous notre contrôle. Mais, dans certains pays ils ne le sont pas totalement. Ces négociateurs se réunissent au sein d’un groupe que l’on appelle l’ADP, qui siège à Bonn. Jusqu’à présent, ils ne sont pas parvenus à avoir un texte qui permette d’aboutir, le texte est beaucoup trop long et il y a beaucoup trop d’options. Nous ministres leur avons demandé maintenant d’accélérer, et normalement ils doivent nous remettre au mois d’octobre, un texte plus petit, d’une vingtaine de pages - actuellement il comporte 80 pages - et où il n’y a pas les options, mais où ils tranchent entre les options parce qu’il faut une décision. Ce n’est pas encore acquis, mais c’est notre manière de penser, parce que si nous voulons éviter les erreurs de Copenhague, nous pensons qu’il faut préparer le travail longtemps en amont. Ce n’est pas au dernier moment, avec une conférence qui va réunir 40.000 personnes et 3.000 journalistes, que l’on va arriver à se mettre d’accord avec toute la sérénité nécessaire. Il faut donc travailler avant de manière assez laborieuse.

Aujourd’hui, ces négociateurs nous ont dit qu’ils allaient nous remettre le texte au mois d’octobre. J’espère que ce sera le cas. De toutes les manières, j’ai prévu que les ministres puissent reprendre la main assez vite au cas où, de manière extraordinaire, ces négociateurs n’arrivaient pas à délivrer un texte. Il faut quand même que le texte soit délivré. Cela va nous mener au 30 novembre qui est le début de la conférence de Paris.

Là nous avons fait un choix qui est celui d’inviter les chefs d’État et de gouvernement le premier jour et après ils s’en vont. C’est une des leçons que nous tirons de Copenhague où nous avons fait venir les chefs d’État et de gouvernement à la fin en pensant qu’ils allaient résoudre les problèmes. Mais, quelle que soit leur compétence, ce ne sont pas quelques personnes, qui en une nuit, peuvent résoudre tous les problèmes. Ils se sont réunis, ils n’ont rien résolu du tout et cela a été l’échec de Copenhague.

Nous allons leur demander de venir au début pour donner une impulsion politique, dire aux négociateurs, aux ministres : « voilà, Mesdames et Messieurs, il faut aboutir ». Et, c’est ensuite à nous de faire le travail entre le 30 novembre et le 11 décembre.

Sur cet accord juridiquement contraignant qui est la partie la plus importante, la plus spectaculaire et absolument nécessaire, il y a encore des discussions, sur quoi portent-elles ? Elles portent sur la question de la différenciation, sur la question - et vous connaissez ces sujets - entre l’atténuation et l’adaptation et sur la question de la forme juridique de l’accord. En effet, il faut que cet accord soit à la fois juridiquement contraignant et que dans certains pays, je pense aux États-Unis d’Amérique, il ne puisse pas y avoir de blocage à l’égard de cet accord. Parce qu’un accord sans les États-Unis d’Amérique, qui sont parmi les principaux pollueurs, cela ne voudrait rien dire.

Enfin, je pense que nous avançons, je ne suis pas pessimiste sur cet aspect-là. Je crois, j’espère que nous allons pouvoir signer quelque chose : le problème c’est qu’il faut que cela se situe à un niveau d’ambition suffisant. Voilà le premier élément le plus spectaculaire sur lequel on avance assez bien.

Deuxième élément, ce sont les fameux « INDC ». Avant la COP21, chaque pays doit dire ce qu’il entend faire dans ce domaine, pour les 20 ans, pour les 30 ans qui viennent. Au moment où je m’exprime, sur les 196 parties, nous n’avons reçu que 58 contributions, mais qui représentent un peu plus de 65% des émissions. Mais il faut que des pays, y compris bien sûr, les vôtres, remettent leur contribution. Parce que c’est l’une des innovations de la conférence de Paris : pour la première fois chaque pays doit faire le travail de dévoiler comment il conçoit son développement énergétique, sa transition énergétique pour les années qui viennent. Cela ne sera pas parfait mais c’est le début d’un mouvement.

Il y a un vrai problème qui est lié à ces contributions - d’abord elles n’ont pas toutes été délivrées et il faut donc accélérer le mouvement maintenant, et, le deuxième problème, c’est que lorsque l’on fait l’addition de ces contributions, on n’est pas à 2 degrés, on est vraisemblablement autour de 3 degrés. Alors là, l’opinion publique va dire qu’il y a là un problème car l’on devrait signer un texte qui nous engage à ne pas dépasser les 2 degrés, mais quand on fait l’addition des contributions, on se trouve à 3 degrés. Ceci n’est pas contradictoire, mais il faut faire attention à cela.

La conférence de Paris, je vais faire un geste qui sera plus compréhensible qu’un long discours, doit nous permettre, partant sur la trajectoire de 3 degrés, de redescendre à 2 degrés - 2 degrés c’est à la fin du siècle. Mais là, et c’est une demande toute à fait juste, si on veut, partant des contributions, infléchir les choses pour aller vers 2 degrés, il faut que nous ayons des rendez-vous, tous les 5 ans pensons-nous, où on réexaminera où l’on en est, et où les pays pourront réévaluer leur contribution, mais pas de retour en arrière : en anglais on dit « no back sliding ». À ce moment-là, évidemment la conférence de Paris prend tout son sens, c’est-à-dire que nous avons un état des choses où spontanément, on n’irait pas vers les 4 ou 5 ou 6 degrés que redoutent les scientifiques, on n’irait pas non plus vers les 3 degrés qui est l’addition des contributions nationales, on pourrait aller vers les 2 degrés, grâce à ces révisions périodiques. Cela pour moi, qui pilote cette affaire, c’est peut être l’élément le plus important de la conférence de Paris. C’est une de vos demandes, et je ferais vraiment le maximum pour qu’elle soit satisfaite.

Le troisième élément de Paris, c’est tout ce qui concerne les financements et les technologies. Là je dois dire que dans les dernières semaines, on avance bien. Vous avez l’engagement qui a été pris à Copenhague, c’était qu’en 2020 il faut que les pays du Nord - les pays riches - apportent pour le climat 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres. Il ne s’agit pas de 100 milliards de dollars publics mais de 100 milliards de dollars publics, parapublics et privés. Mais pour le moment, nous n’avons pas une idée claire du montant des contributions. Nous avons demandé à l’OCDE, qui est en train de le faire, de faire un rapport sur le thème : « où en sommes-nous aujourd’hui ? ». Les experts disent que ce rapport, qui va être remis à Lima au mois d’octobre, le 9 octobre, va probablement situer les efforts actuels des pays riches vers les pays pauvres en matière de climat autour de 60 milliards de dollars. Donc, il faudra aller de 60 milliards vers les 100 milliards de dollars. Cela demandera un effort supplémentaire des pays riches, les Allemands ont dit qu’ils étaient prêts, les Français vont faire un effort, je pense que les Britanniques aussi, mais il faudra convaincre les autres, les Américains, les Japonais, les Canadiens, etc... Ça c’est la partie publique.

Il faudra que les banques multilatérales, qui n’ont pas fait énormément de choses en matière de climat, en fasse davantage, et là vous pouvez aussi intervenir en ce sens. Puis il faudra qu’il y ait des investissements privés, grâce à un changement de mécanisme, de paradigme, pour qu’il y ait de plus en plus d’investissements privés dans ce domaine de la lutte contre les dérèglements climatiques.

Je pense personnellement que l’on devrait pouvoir arriver à cet engagement des 100 milliards, à le respecter. Ce qui est absolument fondamental parce que les pays pauvres disent : « nous, nous sommes d’accord pour avancer mais nous ne sommes absolument pas pollueurs. Vous nous demandez de réduire nos gaz à effet de serre. D’accord, mais où sont les finances et où sont les technologies ? ». Il faut que nous puissions fournir cela. C’est un élément de confiance. Il n’y aura pas d’accord sans cela. Je suis plutôt optimiste parce que je trouve que depuis quelques mois, le travail a bien avancé. On va utiliser la session de l’Assemblée générale des Nations unies, dans quelques semaines, puis la réunion de Lima avec la Banque mondiale et le FMI. Toute une série de réunions vont avoir lieu : le G20, etc... pour vraiment pousser et il faut que les pays riches fassent leur devoir.

Le quatrième point à Paris - c’est quelque chose de tout à fait nouveau et de fondamental - c’est que ce ne sont pas seulement les gouvernements qui doivent faire leur devoir, il faut que la société civile dans sa diversité s’engage. Cela veut dire qui ? Cela veut dire les collectivités locales qui ont un rôle majeur. Quand on regarde qui émet des gaz à effet de serre, c’est très largement les collectivités locales, avec leur système de transport qui est bon ou mauvais, avec leur système d’élimination des déchets, avec la façon dont ils traitent l’eau. Nous avons là des mouvements de collectivités locales qui sont en train d’agir en ce sens. Il faut que les entreprises se mobilisent en faisant des bilans carbone, en décidant d’investir dans ce qui permet la lutte contre le dérèglement climatique.

Je ne sais pas quelle est votre appréciation mais je pense que dans les derniers mois, les choses commencent à bouger pour des raisons diverses. Les entreprises ont souvent une conscience sociale mais aussi parce qu’elles prennent conscience que si on n’avance pas vers la transition énergétique, elles vont être pénalisées. Ces entreprises seront laissées sur le bas-côté.

Il y a des mesures à prendre. C’est la question de la tarification du carbone. C’est la question du changement d’un certain nombre de règles financières pour inciter les entreprises à aller de la sorte. Les ONG font un gros travail. Les syndicats, évidemment, en tant que représentants de la population des travailleurs, ont un rôle tout-à-fait essentiel à jouer. À condition bien sûr que l’on vous laisse jouer et que l’on s’organise pour que vous puissiez dire votre mot et que vos revendications soient prises en compte. Je répète, sur ces quatre objectifs, il y a des choses à régler mais on chemine.

Concernant le financement, il y a encore des efforts à faire mais cela va plutôt dans le bon sens. Sur la question des contributions, il y a des progrès parce que tout le monde n’a pas encore contribué. Et puis, il y a cette clause de révision. Enfin, pour tout ce qui est société civile, singulièrement les entreprises, les syndicats, la porte est ouverte mais il faut remplir la mission. Voilà où nous en sommes.

Je termine, Madame la Présidente, par rapport à vos trois demandes.

La première concerne les financements. Je pense que - en tout cas nous allons travailler très fortement et nous travaillons pour qu’elle soit satisfaite - c’est une condition sine qua non de l’accord. Le président de la République française a eu l’occasion de le dire. Je pense qu’il a tout-à-fait raison.

La deuxième demande concerne les mécanismes de révision. Vous avez absolument raison d’insister là-dessus. C’est un thème sur lequel j’insiste fortement auprès de mes 196 collègues parce que la conférence de Paris va être un tournant si elle réussit mais tout ne va pas être résolu à Paris. Il faut se mettre en situation qu’ensuite il y ait une réévaluation à la hausse des engagements.

Le troisième point porte sur votre intégration dans la mécanique et, pour reprendre votre expression, qu’il y ait la « transition juste » et des emplois décents. Il est vrai que le texte élaboré par le groupe de l’ADP n’est pas très satisfaisant. Il faut donc que nous, bien sûr les Européens et d’autres, nous travaillions dans ce sens. Il faut que vous continuiez à exercer votre pression. Je m’engagerai. Le président de la COP21 n’a pas tous les pouvoirs, loin de là. Je dois essayer de favoriser un compromis ambitieux, mais il peut quand même insister sur ce point et je crois que c’est extrêmement important.

Je termine en disant ceci. Qu’est-ce que vous pouvez faire dans les semaines et les mois qui viennent ? Je crois que vous avez un rôle important à jouer dans votre coeur de métier qui est le dialogue social. Pour identifier les secteurs vulnérables, pour anticiper les mutations, pour former les salariés à de nouvelles compétences. Ce dialogue, il faut que vous le meniez avec les gouvernements, avec les travailleurs mais aussi beaucoup avec les employeurs. Certains de ces employeurs ont pris des engagements au cours des derniers temps. Je crois que tout ce que vous pourrez faire pour préciser ces engagements et associer les travailleurs à cela sera extrêmement utile.

Deuxièmement, vous avez une capacité de mobilisation. C’est ce que j’apprécie dans votre démarche et je l’ai bien comprise : vous voyez l’ampleur du phénomène, les risques qu’il comporte, mais aussi les éléments positifs. Là, je me permets d’insister sur deux ou trois points. Il ne faut pas dire aux gens que ce problème du dérèglement climatique, c’est dans 50 ans ; ce n’est pas vrai. Ensuite, si vous leur dîtes c’est dans 50 ans, nous serons tous un peu âgés.

Le problème est aujourd’hui et ce n’est pas simplement une négociation comme les autres. Dans une négociation, vous pouvez dire : si cela ne marche pas cette année, on va recommencer l’année prochaine. Mais avec les gaz à effet de serre, ce n’est pas une négociation, c’est une course contre la montre parce que les gaz à effet de serre que l’on émet, ils ne disparaissent pas, ils restent dans l’atmosphère des semaines, des mois, des années et des siècles. Au bout d’un certain moment, les scientifiques nous montrent que c’est irrécupérable. On a vraiment cette course contre la montre. Je pense qu’il faut trouver l’équilibre en montrant le risque à terme mais que cela commence dès maintenant. Il y a toute une série d’exemples autour de nous, climatiques, qui peuvent permettre de le démontrer.

Deuxième aspect, il faut bien sûr insister sur les risques. Je n’ai pas eu le temps de faire une approche générale. En gros, si on réfléchit un peu, depuis le 19ème siècle, notre développement économique est fondé sur les énergies carbonées : le pétrole, le gaz, le charbon. Là, il s’agit de le fonder sur les énergies décarbonées ; ce n’est pas un petit changement.

Ce changement a évidemment aussi des conséquences dramatiques. Je ne parle pas simplement dans le secteur des travailleurs du charbon mais dans beaucoup d’autres secteurs. En même temps, il est créateur d’une nouvelle croissance. C’est cette transformation qu’il faut organiser. Évidemment, les syndicats sont aux premières loges pour cette modification absolument fondamentale. Tout ce qui est description des risques qui existent mais en même temps description des cheminements pour faire d’un risque une opportunité à travers la formation, à travers la création d’emplois, c’est vraiment un point sur lequel vous êtes les mieux placés pour agir. C’est pourquoi je crois qu’il est très important que vous soyez associés à tout cela.

Le dernier point, c’est pour vous dire ce que j’ai laissé entendre. Pour moi Paris, c’est, comme on dit en bon français, un « turning point » ; c’est-à-dire un changement pour l’avenir de la planète. Si nous arrivons à faire un accord, ce sera la première fois. C’est une ampleur considérable mais, ensuite, il y aura énormément de choses à faire et dans ce suivi de toutes les décisions que nous avons à prendre, le rôle des syndicats sera absolument déterminant.

Si on veut avoir une vision encore plus philosophique... Je relisais, l’autre jour, un livre qui est absolument magnifique d’un grand penseur, Claude Lévi-Strauss qui a écrit - c’est une de ses oeuvres majeures - Tristes tropiques où il réfléchit à l’évolution du monde. À un moment, il dit - il était assez pessimisme lui-même - : « le monde a commencé sans l’Homme. Ce qui, historiquement est vrai. La question qui se pose est de savoir s’il va se prolonger sans lui ». Je pense que c’est la question qui est posée fondamentalement, philosophiquement. Est-ce que l’Homme va détruire l’espèce humaine ? C’est une question tellement vaste que tirant un fil à partir du dérèglement climatique, on doit pouvoir montrer que, finalement, tout vient avec.

Vous avez dit zéro carbone, zéro pauvreté ; vous avez tout-à-fait raison. Il n’y a pas d’un côté les questions du développement et de l’autre les questions du climat ; c’est la même question. Si je crois cette réflexion - sans être du tout pessimiste parce que le pessimiste ne mène à rien - en montrant l’ampleur du phénomène, ses dimensions très concrètes et ce vers quoi cela nous amène, c’est là où vraiment les organisations puissantes qui sont les vôtres peuvent nous aider à avancer.

Je termine sur un point d’actualité. Quand on voit les problèmes posés par les migrations en Europe qui concernent quelques centaines de milliers de personnes et qui sont en situation de briser la construction européenne. Imaginons si nous n’arrivons pas à lutter contre le dérèglement climatique, ce que cela signifie pour des continents qui vont être recouverts par les eaux, pour des agriculteurs qui ne pourront plus travailler et qui seront soumis à la migration. Là ce ne sont pas des centaines de milliers de personnes dont il s’agira. Vous pourrez ajouter des zéros. Je pense qu’il faut partir à la fois du très concret, tirer le fil, montrer que c’est une question qui engage l’avenir de l’espèce humaine mais, en même temps, qu’elle se pose aujourd’hui et maintenant. Je crois qu’il n’y a personne qui soit mieux placé que les organisations syndicales pour faire prendre conscience de cela.

Merci beaucoup./.

Dernière modification : 22/09/2015

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