Aide publique au développement - COP21

Intervention de Mme Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la Francophonie, à l’occasion de la Concertation francophone - Conférence des Nations unies sur le financement du développement (Addis-Abeba, 14/07/2015)

Messieurs les co-Présidents, je vous remercie de me céder la parole.

Madame la Secrétaire générale,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Chers Amis,

Je suis ravie d’être parmi vous et je remercie les co-présidents pour cette concertation francophone. La question qui nous regroupe aujourd’hui a été clairement identifiée lors du Sommet de Dakar. Comme l’a rappelé le président de la République : « Il n’y a aucune raison que nous ne soyons pas aussi dans l’espace francophone, capables de développer de nouveaux instruments financiers au service du développement ».

Rapidement, je voudrais développer 4 idées avec vous, pour nous accompagner tout au long de cette année 2015, dont l’objectif c’est « zéro carbone, zéro pauvreté ».

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Première idée : Le monde de 2030 a plus que besoin de solidarité

La solidarité elle est essentielle parce que sans l’APD, nous n’arriverons pas à éradiquer l’extrême européen. La solidarité, elle est nécessaire aussi parce que le dérèglement du climat menace le développement. L’injustice est double : les pays les plus durement frappés sont les plus pauvres : ils ont peu contribué au réchauffement, mais ils sont les plus vulnérables à ses conséquences. Si nous n’agissons pas, le climat ruinera le développement.

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Deuxième idée : accompagner la mobilisation des ressources domestiques au service du développement.

D’abord, le renforcement des capacités des administrations publiques. Sur ce point, l’aide publique au développement constitue toujours une réponse pertinente. La France mène actuellement des programmes d’assistance technique avec 23 pays, en Afrique, en Caraïbe et en Asie.

Ensuite, nos administrations peuvent aussi se saisir des opportunités offertes par le numérique. Je pense par exemple au Forum mondial sur l’échange d’informations à des fins fiscales dont la France soutient l’Initiative Afrique. Il s’agit de fournir une assistance technique particulière aux pays africains afin d’accompagner leur adhésion au Forum. Je l’ai encore vu il y a quelques jours, il y a un vrai espace pour la francophonie numérique au service du développement (Jeudigital).

Enfin, nous devons nous assurer que tous les pays soient capables de participer aux discussions internationales sur ce sujet.

C’est l’engagement de la France au G20 et à l’OCDE, notamment sur le projet BEPS.

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Troisième idée : impliquer tous les acteurs dans le développement durable

Face au défi climatique comme à celui de l’extrême pauvreté, et si nous voulons passer des milliards aux centaines de milliards nécessaires, nous ne pouvons faire l’impasse sur aucune forme de solidarité, qu’elle vienne des entreprises, des ONG, des citoyens ou des États.

Je pense par exemple au rôle des collectivités territoriales. Ce sont des acteurs majeurs pour le développement des services et des infrastructures de proximité. Elles doivent donc disposer de ressources financières suffisantes, et cohérentes avec les compétences dont elles disposent.

Sur ces deux points, nous devons encourager la coopération entre les collectivités locales francophones. Pour la seule France, 4.788 collectivités territoriales sont engagées dans des projets de coopérations avec leurs homologues. C’est plus d’un milliard d’euros qui est ainsi mobilisé au service des collectivités en développement.

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Quatrième idée : reconnaître la place du secteur privé dans l’agenda du développement durable de l’après 2015

Le secteur privé se mobilise pour contribuer à la définition d’un agenda ambitieux du développement durable. C’est une thématique qui aura une place prédominante dans les discussions de la COP21 et dans le développement. Le secteur privé, ce sont à la fois des opportunités et des responsabilités. Nous avons besoin des entreprises, de leur capacité d’innover, mais il faut aussi qu’elles soient responsables.

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Conclusion : la francophonie peut sortir gagnante d’Addis-Abeba

Addis-Abeba nous offre de nouvelles perspectives pour le financement d’un développement durable et qui profite à tous. Addis-Abeba c’est une avancée majeure dans la reconnaissance de ce que nous, Francophones, expérimentons depuis des années. C’est pour cela qu’il nous faut ici un accord, qui reflète cet équilibre entre les trois piliers du développement durable que nous, Francophones, portons depuis longtemps, comme nous l’avons rappelé à Dakar.

Addis-Abeba est la première étape d’une année qui nous permet de dessiner le monde de 2030. Nous ne devons pas la rater./.

Dernière modification : 22/09/2015

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